Alexandre, happy dev

La nécessité est mère de l’invention dit le proverbe. Ce n’est pas Alexandre qui nous dira le contraire. À sec après une expérience entrepreneuriale non-concluante, il se met à proposer ses services de développeur web. Allié à un autre développeur, rencontré quelques mois plus tôt dans son espace de coworking, il décroche un gros contrat qui lancera sa “carrière” de freelance. Il ne s’arrêtera plus. Et, pour n’être pas heureux tout seul, il ira plus loin en créant, avec un autre coworker, Happy Dev, un collectif de développeurs indépendants et solidaires.

Quel est ton métier ?

Il est double. Je suis aussi développeur web fullstack et je suis aussi cofondateur d’Happy Dev que je porte comme projet entrepreneurial.

Depuis combien de temps es-tu freelance ?

J’ai commencé, à temps partiel, il y a 6 ans et cela fait 4 ans que c’est vraiment devenu mon occupation officielle.

Que faisais-tu avant d’être freelance ?

J’ai travaillé pour SentiMonitor au Brésil, une startup spécialisée dans l’analyse des réseaux sociaux. Ça m’a beaucoup appris techniquement, et surtout ça m’a mis les pieds dans l’entrepreneuriat et le lean. Derrière je me suis ruiné à essayer de lancer la boîte en France puis quand j’ai touché le fond, j’ai commencé à faire de la presta de développement informatique en tant que freelance.

Pourquoi avoir fait ce choix ?

Par hasard ! J’avais besoin d’argent, je cherchais des pistes et la mère d’un bon ami m’a proposé de répondre à l’appel d’offres de refonte du site internet de sa boite. J’ai tenté ma chance, Stéphane, que j’ai connu à Mutinerie, a accepté de s’associer avec moi sur ce projet. Ensemble, nous avons gagné. C’est à ce moment-là que je suis devenu officiellement freelance.

Quel est ton statut (AE, SARL, SASU, Coopérative d’activité et d’emploi…)

J’ai été Auto Entrepreneur. Désormais, je suis en SASU.

Qu’est-ce qui est le plus difficile ?

J’ai beaucoup réfléchi et je ne trouve pas de réponse qui ne soit pas d’ordre philosophique. Il n’y a rien de difficile aujourd’hui, il faut juste être un peu patient, mais tout baigne, le travail paye bien, Happy Dev se développe bien. Il y a beaucoup d’intelligence à bord et nous traitons les défis collectivement, je ne suis jamais seul.

Être 70 ça signifie beaucoup de coups de main, on est très solidaire. Lorsque j’ai un problème, qu’il soit technique, humain ou administratif, j’ai une réponse instantanée de quelqu’un et ça permet de passer au-dessus plus vite.  

Qu’est-ce qui te plaît le plus ?

Avoir le sentiment que je suis ma propre limite. Il y a très peu de contraintes quand tu es freelance. C’est à chacun d’inventer la vie qui lui correspond. Plus le temps passe, plus ça colle avec mes aspirations profondes.

Je médite tous les matins, je fais beaucoup de sport, je me cultive pas mal et le fait de pouvoir tisser un tel emploi du temps est extrêmement jouissif.

Pourquoi as-tu monté Happy Dev ?

Initialement, l’idée était de pouvoir prendre des projets plus gros à plusieurs sans s’exploiter mutuellement ni réinstaurer le fameux lien de subordination. On voulait aussi dégager du temps pour pouvoir bosser sur nos projets perso. Assez vite, on a été une vingtaine et on s’est dit qu’on avait une carte à jouer face aux acteurs qui dominent encore le marché aujourd’hui. Parce que le monde de l’entreprise dysfonctionne sévèrement.

Il y a deux absurdités principales qui sont l’aspiration de toute la richesse par celles et ceux qui les dirigent, et un rapport au pouvoir à tous les étages qui rend les structures perverses et toxiques pour leurs employés. Bien sûr, je force un peu le trait, mais tout le monde comprendra, je pense. Il ne se passe pas une semaine sans que j’ai un témoignage qui va dans ce sens. On pense qu’on peut construire quelque chose de plus humain et de plus efficace à tout point de vue.

Quelle est votre mission ?

Ah ah, la question est drôle. La mission si on peut l’appeler ainsi (ça fait un peu christique), c’est de construire la première multinationale des indépendants, gérée par eux et pour eux.

L’objectif est une structure ouverte, décentralisée et transparente, que chacun peut mettre à profit pour se trouver du boulot, constituer une équipe et exercer son métier.

Nous cherchons à avoir la taille de la grande entreprise pour s’en accaparer les avantages et la force de frappe sans les inconvénients. Nous avons une série de 3 articles qui va paraître sur les blogs de OuiShare et ZeVillage et qui détaille la vision d’Happy Dev en 3 temps : Pourquoi ? Vers où ? Comment ? Stay tuned !

Comment vous rejoindre ?

Nous organisons des Happy Drink tous les 15j à Paris, au Mans et à Nantes. Ce sont des événements ouverts à tous, publiés sur la page Facebook. Nous sommes entre 20 et 30 à chaque édition et l’ambiance est bonne. C’est le meilleur endroit pour nous rencontrer, tu y es la ou le très bienvenu.e. Un email à smile@happy-dev.fr fonctionne également.

Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui se lance en freelance, quel serait-il ?

Kiffe bien 🙂

Des références ? Un book à partager ?

Le développeur du site Maddyness fait partie du réseau. C’est probablement la référence la plus connue qui peut être associée à Happy Dev. On fait également de la réalité virtuelle, des jeux vidéos, des objets connectés, des applications web et mobile. À titre perso, ma plus belle référence est probablement Petitbus.

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