Être freelance à Casablanca

Portée par une économie dynamique et une scène créative effervescente, la capitale économique du Maroc est en train de s’imposer comme une destination de choix pour les freelances du monde entier. Le climat clément, la mer toute proche et le cadre de vie agréable attirent de plus en plus de ces travailleurs nomades en quête de découvertes.

Les repères des freelances

Pionnier du coworking au Maroc, le New Work Lab accueille depuis 2012 des freelances et des entrepreneurs. Au-delà de l’espace, ce qui fait la force du New Work Lab c’est sa communauté d’innovateurs, de créatifs et d’acteurs du changement. En plus de d’offrir des postes en coworking (autour de 150€ l’abonnement mensuel en open space), des salles de réunion, des espaces événementiels et une solide communauté professionnelle, le New Work Lab propose des outils, des formations et un accompagnement pour soutenir les projets de ses membres. Bien connecté avec les grandes entreprises, les médias et le milieu étudiant, cet espace de coworking authentique pourrait bien devenir votre quartier général.

Incubateur et accélérateur, espace de rencontre entre freelances, startups, investisseurs, grands groupes et institutions publiques, H Seven est résolument tourné vers l’innovation sous toutes ses formes. L’espace se présente comme la rampe de lancement des startups tournées vers l’Afrique et le monde. C’est ici que s’est installé Le Wagon, l’école de code lancée à Paris il y a cinq ans. Haut lieu de l’entrepreneuriat marocain, H Seven est définitivement un espace à connaître car, on le sait bien, derrière une startup se cachent souvent dix freelances.

Lancé par un couple de globe-trotters maroco-australien, située au cœur du quartier Gauthier, Bondi est un café-restaurant particulièrement freelance-friendly. Café organique et équitable, pain artisanal, salades, sandwiches, pâtes, jus frais, vous pouvez être sûrs d’y être bien nourris. Vous y trouverez aussi un coin tranquille pour travailler quelques heures avec de la bonne musique en fond sonore. Le soir, après la journée de boulot, vous aurez peut-être la chance d’assister à un concert ou à un DJ set. Une petite oasis à connaître !

Rencontre avec Asmaa, freelance à Casablanca

Asmaa, peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours ?

J’ai 32 ans, je suis maroco-française, originaire de Rabat. Je suis freelance depuis cinq ans. Je suis consultante sur le genre et la transformation digitale, je travaille aussi comme facilitatrice en intelligence collective. J’organise et anime des conférences, des retraites, des ateliers et coordonne des projets auprès d’ONG, comme la fondation Womanity en région MENA (Middle East and North Africa) et les Nations Unies, ou de collectifs de la nouvelle économie comme OuiShare, Amanitas, les Crapauds Fous, Global Innovation Gathering. Je suis diplômée de l’EM Lyon et j’ai travaillé trois ans comme consultante chez PwC à Paris avant de suivre mes passions. Je suis ce que l’on pourrait qualifier de digital nomad, avec des séjours réguliers à Paris, Berlin, Rio, Bali, Casablanca, beyrouth, Le Caire, Amman et Dubaï. Au milieu de tout cela, j’aime me poser régulièrement à Casa, d’où j’ai l’habitude de travailler.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans la vie à Casa ?

La qualité du quotidien, le rythme de vie, le climat et l’énergie de cette ville en pleine émergence aussi bien sur le plan culturel qu’économique. Il y a, depuis cinq ans, un bouillonnement créatif sans précédent portée par une jeunesse ouverte et audacieuse. La ville accueille de très nombreux freelances, des Marocains bien entendu, mais aussi des Européens, des Africains, des Américains…

Sur le plan artistique, on peut par exemple citer la Casablanca Design Week dont la première édition a eu lieu l’année dernière. Des lieux foisonnant de talents voient le jour comme L’Usine, un espace de création hors-norme que je vous conseille vivement de visiter. Je recommande aussi la fondation Hiba qui accueille des projets autour de la musique, du théâtre, de la danse, du design, de la photo… et qui comporte aussi un espace de coworking.

Sur le plan économique, aussi, Casa est en pleine effervescence. On constate un retour des “cerveaux”, ces Marocains et Marocaines très qualifié.e.s qui, après des années passées à l’étranger, rentrent au pays et y apportent toute leur énergie et leur talent. De nombreux Africains viennent étudier au Maroc, des freelances du monde entier s’installent ici et de grandes entreprise marocaines et internationales y ont leurs bureaux. Des fonds d’investissement panafricains comme Outlierz y soutiennent l’innovation et l’entrepreneuriat. Le contexte n’a jamais été aussi favorable.

 

Quelles sont les difficultés majeures pour un freelance ?

Se faire payer. Les entreprises marocaines, surtout les grands groupes tardent à régler les factures, les délais de paiement peuvent être long et un freelance doit le savoir. Pour réduire le risque, il est préférable de bosser avec des gens que l’on connaît et en qui on a confiance.

Que dire de plus ? Que la ville est, comme pas mal de grandes villes, bruyante et potentiellement fatigante. Quand on sature de ce fourmillement, il ne faut pas hésiter à prendre la voiture et aller se mettre au calme dans la campagne alentour. Dès qu’on sort de la ville, on retrouve les grands espaces, la nature et la paix. Ce n’est vraiment pas compliqué.

Sinon, il faut aussi savoir que les actes médicaux peuvent représenter un budget conséquent si l’on a recours aux cliniques privées. Les médecins sont bons et les soins de qualité, mais ce n’est pas remboursé comme en France. Il est donc préférable d’avoir une bonne mutuelle.

Comment se passent tes relations avec tes clients et partenaires quand tu travailles depuis Casa ?

De la même manière que quand je travaille depuis Paris, Berlin ou Dubaï. Mes clients sont partout dans le monde, je n’ai pas à être à un endroit en particulier et, sauf exception, je peux travailler d’où bon me semble. Nous avons aujourd’hui tous les outils pour que les relations de travail à distance se passent bien.

Quels conseils donnerais-tu à un freelance qui s’installe à Casa  ?

D’être ouvert. Les gens sont très accueillants et faciles d’accès, il ne faut pas hésiter à provoquer la rencontre. Les lieux que je vous ai cités et les espaces de coworking de la ville offrent une bonne porte d’entrée pour cela.

Le coût de la vie

Nourriture : À partir de 3€ dans le boui-boui du coin, autour de 30€ pour un resto plus sophistiqué.

Logement : Autour de 600€ pour un 2 pièces avec balcon autour de 1000€ pour un grand appartement.

Coworking : Autour de 150€ / mois pour un poste à temps plein en open space

Transport : Taxi : autour de 2€ pour une longue course / Heech autour de 5€ (fonctionne surtout la nuit). Uber s’est fait sortir du Maroc suite à des conflits musclés avec les taxis.

Voyage : Vol pour la France : 150€ A/R hors saison – 300€ en été / Des Vols réguliers vers le Sénégal, le Cap-Vert, New-York, Rio, et Istanbul. Le reste de l’Afrique n’est pas toujours bien desservi. Les trains marchent bien (5€ pour un Casa-Rabat). Avoir une voiture rend la vie plus simple, mais n’est pas du tout une obligation.

Amédée
Génie indépendant

Génie indépendant depuis des siècles, je partage aujourd’hui mes aventures avec vous, indépendants de tout poil et de tous horizons. Actu, bons plans, témoignages ou libres palabres, je vous apporte les meilleures infos pour que vous puissiez profiter au mieux de votre indépendance.

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