Être freelance à Lisbonne

Le Portugal est en plein boom, sa capitale aussi. Lisbonne est devenue un repère de digital nomades en quête de plein air et de soleil, et d’un équilibre plus juste entre vie professionnelle et épanouissement personnel. Du coup, les espaces de coworking pullulent et l’anglais s’impose un peu partout.

Les repères des freelances

Créé en 2010, Cowork Lisboa est l’une des références du coworking dans la capitale portugaise. L’accent est mis sur la diversité des profils (freelances, designers, programmeurs, rédacteurs, architectes, photographes, marketeurs, etc.) et sur la collaboration de tout ce joyeux monde. Le principal objectif de Cowork Lisboa, c’est de créer une “vraie communauté”, lit-on sur leur site: “Entrer à Cowork Lisboa, c’est faire partie d’une grande famille. Ici personne n’est laissé pour compte.” De manière assez classique, on peut choisir un bureau mobile (12€ par jour et 100€ par mois) ou fixe (à partir de 150€ par mois). Et il y a une grande Workroom pour des ateliers, séminaires et réunions.

Ce coworking à taille humaine occupe en fait deux lieux différents, à Cais do Sodré et Principe Real. Ici aussi, on utilise le mot “famille”, et on se réjouit d’accueillir des gens aux profils très variés venus d’une soixantaine de pays différents. L’ambiance cherche à recréer “la concentration et le fun” d’un vrai bureau, avec pas mal d’à-côtés pour favoriser le team-building : dîners, apéros, ateliers, et même un “surfbus” hebdomadaire. Le day pass est à 15€ mais l’option mensuelle, à 225€ par mois pour un poste accessible 24h/24, est clairement orientée vers ceux qui ont besoin d’un vrai bureau plus que vers les nomades.

Le positionnement d’Heden est un peu différent de celui de ses congénères : plus créatif et artistique, plus écolo, plus engagé aussi. Dès la page d’accueil, on apprend qu’Heden accorde une réduction de 17,5% aux femmes pour combler l’inégalité salariale. L’espace de coworking est construit à partir de matériaux renouvelables : Heden est membre de la coopérative Coopérnico, dont les membres s’engagent à compenser leur empreinte carbone. À part ça, il y a comme un peu partout l’option de choisir un flex desk (15€ par jour ou 150€ par mois) ou un permanent (200€), à quoi s’ajoutent des ateliers d’artistes de tailles variables.

Rencontre avec Chloé, freelance à Lisbonne

Bonjour Chloé, peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours ?

Je fais du conseil en prospective et innovation : mon métier, c’est de détecter les tendances sociétales et culturelles du moment. J’ai d’abord travaillé en agence pendant deux ans, puis je me suis mise à mon compte en 2014. À l’époque, j’habitais à Berlin depuis déjà quelques années. Et puis j’ai eu envie d’être plus proche de la mer, d’apprendre une nouvelle langue et de connaître une nouvelle culture. Étant freelance, c’était plus facile pour moi de partir, sans contraintes professionnelles ou financières particulières. Je suis partie à Lisbonne en 2016, et j’ai emmené mon activité avec moi.

Qu’est-ce que ce que tu aimes dans la vie de freelance à Lisbonne ?

D’abord, c’est une ville abordable, avec moins de pression financière qu’ailleurs  même si c’est à relativiser, parce que les prix augmentent très vite. Et puis il y fait bon vivre. On peut s’y réaliser à la fois professionnellement et personnellement, c’est plus facile de trouver son propre équilibre, son propre rythme, et d’avoir des activités qui ne sont pas possibles dans d’autres grandes villes, comme d’aller à la plage. Il y a une mentalité très particulière parce qu’il y a beaucoup de digital nomads : ce sont des gens qui ont choisi un certain style de vie, qui mettent en valeur le fait de prendre du temps pour s’épanouir. Ça va avec ce dont on parle beaucoup en ce moment, le fait de ralentir, de redéfinir ce qu’est le succès. C’est une ville qui permet de le vivre pleinement, car on est entouré de gens qui sont dans cet état d’esprit.

À l’inverse, as-tu rencontré des défis particuliers ?

Je travaille beaucoup pour l’étranger, surtout pour la France, donc je n’ai pas la même pression financière que si je travaillais pour le marché portugais. Je suis arrivée à un moment où le Portugal était en train de boomer, et je m’étais dit que ce serait l’occasion de développer mon activité ici. Mais je fais un métier qui prend du temps à s’établir, d’une part, et ici tout est plus lent. C’est un marché qui met un certain temps à adopter des choses nouvelles, par rapport à Berlin ou Paris par exemple. Ça n’est pas une critique, ça a des avantages, mais aussi des inconvénients.

Quels conseils donnerais-tu à un.e freelance qui voudrait se lancer à Lisbonne ?

Du coup, le premier conseil c’est de ne pas venir sans rien, de s’assurer qu’on a des revenus stables et réguliers à l’extérieur pour avoir le temps de développer son activité au Portugal. Ensuite, il y a ici beaucoup de structures qui permettent de très vite s’intégrer dans une communauté : les espaces de coworking, les meet-ups, etc. Il y a des choses qui se font pour accueillir les freelances et les entrepreneurs, un écosystème. Et puis je conseille d’apprendre la langue. On peut parler anglais partout, mais c’est beaucoup plus facile d’avoir le respect des Portugais quand on parle leur langue. C’est important pour accéder plus rapidement à des opportunités ou à des projets.

Le coût de la vie

Nourriture : À partir de 8€ dans le petit resto du coin, autour de 20€ pour un restaurant plus sophistiqué

Logement : Autour de 750€ par mois pour un deux-pièces et 2000€ pour un quatre-pièces dans un quartier sympa

Coworking : Autour de 200€ par mois pour un poste fixe et 15€ par jour pour un poste nomade

Transport : Autour de 10 € pour une longue course en taxi / 36 € la carte de transport en communs

Voyage : Vols pour la France aux environs de 150 € aller-retour

Amédée
Génie indépendant

Génie indépendant depuis des siècles, je partage aujourd’hui mes aventures avec vous, indépendants de tout poil et de tous horizons. Actu, bons plans, témoignages ou libres palabres, je vous apporte les meilleures infos pour que vous puissiez profiter au mieux de votre indépendance.

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