Être freelance à Saïgon

Entre tradition et modernité Saïgon, aka Hô-Chi-Minh-Ville, est une destination de plus en plus prisée par les freelances. Ultra-dynamique, bien connectée, ouverte sur le monde, authentique et encore bon marché, Saïgon a déjà charmé plus d’un travailleur nomade.

Les repères des freelances

Première chaîne de coworking vietnamien, Toong propose quatre espaces à Saïgon, trois à Hanoï et une à Vientiane au Laos. Les espaces sont particulièrement beaux, à la fois esthétiques et fonctionnels, avec un mélange réussi de modernité et de tradition. Une journée de coworking vous coûtera 5€, un abonnement hot-desk à temps plein, 55€ et, pour 20€ de plus, cet abonnement vous permet d’utiliser les huit espaces de la chaîne. Un poste fixe et nominatif pour coûtera autour de 100€.

À la fois espace de coworking et de coliving, Start propose une formule originale particulièrement adaptée aux digital nomads. En plus des déjeuners partagés, des happy hours des meetups, et des pool party (l’espace a une piscine !) Start propose des masterclass autour des métiers du développement Web. Une journée de coworking vous coûtera 5€, un mois en mode hot-desk 70€, et pour un poste fixe 120€. Pour 450€ par mois, vous avez une chambre double en plus d’un forfait hot-desk illimité.

Offyplex n’est pas tout à fait un coworking comme les autres. C’est 1000m² d’openspace dédiés aux causes de la tribu locale Officience : le développement du Viêtnam, le progrès et la tech, l’entrepreneuriat social et les nouvelles formes d’organisation, le développement durable, l’éducation, les mouvements libres et ouverts, la création de communs… L’ambiance est plutôt studieuse aux heures de bureau, où une centaine de salariés d’Officience coworkent avec des startups de l’agriculture connectée ou du nettoyage de scooters, tout autant qu’avec des freelances qui partagent les causes. Mais pas une semaine ne passe sans événements en soirée ou le week-end, plutôt orientés tech, éducation et développement durable, comme ces séances de développement personnel pour des enfants de 8 à 10 ans le dimanche.

Pour visiter ce tiers-lieu d’un nouveau genre, le plus facile est d’aller à un événement ou de connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un, mais sinon contactez-les sur leur page Facebook en français, anglais ou vietnamien. Si vous n’êtes pas encore parti, pour préparer votre voyage vous pouvez passer à Officaire, le lieu jumeau d’Offyplex à Paris.

Rencontre avec Guillaume, freelance à Saïgon

Guillaume, peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours ?

Je suis originaire de Grenoble, j’ai trente ans et je suis freelance depuis cinq ans. Je travaille autour de tout ce qui touche à la communication écrite : conception rédaction pour la pub, brand content, articles d’analyses (notamment pour Amédée), rapports, étude prospectives, cours d’écriture créative… Mes goûts personnels m’ont naturellement amené à m’intéresser à des sujets comme le jeu vidéo, les médias, le folklore digital, la ville ou encore le futur du travail.

Pourquoi avoir choisi de t’installer à Saigon ?

J’étais à Paris depuis douze ans et j’avais envie de tenter l’expérience d’une vie de freelance à l’étranger. J’avais eu l’occasion de découvrir Saigon lors d’un précédent voyage et la ville m’avait plu. Ma compagne étant elle aussi freelance, nous avons décidé de nous y installer pour une période de six mois.

Tu rentres tout juste de ces six mois d’expatriation, qu’est-ce qui t’a le plus plu dans cette ville ?

L’énergie de qui s’en dégage. Le Viêtnam est un pays optimiste, sûr de lui et tourné vers l’avenir. Cette énergie est particulièrement palpable à Saigon, métropole de dix millions d’habitants, pleinement intégrée à la mondialisation mais où subsiste une vie traditionnelle et tranquille qui permet aussi un véritable dépaysement.

Internet fonctionne (relativement) bien partout ce qui était important pour nous. La vie y est accessible. Le principal poste budgétaire est le logement. Une chambre dans un endroit sympa de la ville coûte environ 300€ par mois. Ayant, ma compagne comme moi-même, besoin d’espaces de travail et de vie, nous avions choisi de louer une maison dans un quartier vivant et central, près de Tân Định. Cela nous coûtait 650€ par mois. Un étranger ne peut pas acheter un bien immobilier sauf un logement neuf dans le cadre d’un programme. Il existe un système de baux long terme qui n’était pas vraiment adapté à notre situation. Nous sommes donc passé par AirBnB pour trouver le logement avant de discuter directement avec la proprio pour le louer sur du plus long terme.

Une fois ce poste logement réglé, la vie sur place est vraiment bon marché. Tu peux manger pour un euro et c’est généralement très bon. Une course en taxi-moto (Grab) coûte entre 30 centimes et un euro en fonction de la distance. Comme pas mal d’autres villes asiatiques, Saigon offre un large éventail de possibilités allant du petit boui-boui du coin au rooftop de luxe. Niveau climat, il faut s’attendre à avoir chaud, autour de 30°. Les mois de décembre, janvier, février sont les plus « frais » et les plus agréables.

Au-delà de ces aspects pratiques, on a été séduit par les Vietnamiens. Leur enthousiasme, leur fierté, fruit de leur histoire. Nous avons tout de suite eu des rapports d’égal à égal. Saigon est une ville prospère, un Français comme moi n’y est pas le roi du pétrole, il est possible de vivre dans la même réalité matérielle, c’était très important pour nous. Nous n’étions pas là pour vivre une vie d’expat au milieu d’autres expats (même si c’est possible à Saigon). Nous n’avions pas quitté la France pour cela.

Autour de Saigon, le pays est magnifique et offre des paysages et des ambiances variés, de la fraîcheur de Dalat à la douceur de Danang en passant par la magie du Delta du Mekong… Et puis, on ne se trouve qu’à quelques heures de vols d’autres beaux pays : le Laos, le Cambodge, la Thaïlande, l’Indonésie, les Philippines, la Chine…

Quelles sont les difficultés majeures ?

La vie n’offre pas de difficultés particulières, mais il y a quelques petites choses qui peuvent être gênantes à la longue. L’eau courante est de mauvaise qualité, non seulement elle n’est pas potable, mais elle est bien plus « agressive » que celle que nous connaissons en France. Et puis, Saigon étant une mégalopole, il ne faut pas s’attendre à respirer l’air du Vercors. Sinon, il faut faire avec quelques insectes inhabituels qui s’introduisent dans la maison. Même dans cette ville gigantesque, la nature n’est jamais loin, on croise des grenouilles, des lézards, des cafards et on entend le coq chanter le matin. Ça fait partie du charme.

Tes clients sont pour la plupart basés en France, comme s’est passée cette relation à distance ?

Très bien. J’ai prévenu mes clients qui, dans l’ensemble, ont fait preuve de souplesse et ont bien accepté ce choix. En terme d’horaire de travail, c’était même plutôt idéal. À Saigon, j’avais cinq (ou 6) heures d’avance sur la France ce qui me permettait de passer des matinées ultra-productives, sans mail, sans coup de fil, sans interruption. Lorsque mes clients ouvraient leur ordinateur le matin, ils trouvaient le livrable attendu dans leur boite mail. L’après-midi était consacré à la partie interactive du travail : calls, chat, échanges de mails… J’ai trouvé cette division claire du temps de travail particulièrement propice au travail d’écriture. Elle l’est sans doute aussi pour le code ou la création graphique…

Quels conseils donnerais-tu à un freelance qui s’installe à Saigon ?

Être patient, s’intéresser au Viêtnam et à la vie des Vietnamiens. La société vietnamienne est assez ouverte, mais il faut du temps pour s’y constituer son réseau, et le réseau y est primordial. Par exemple, ma compagne est devenue libraire à temps partiel à la librairie française de Saigon. Si en termes de salaire on se rapproche du bénévolat, c’est inestimable du point de vue des rencontres.

Être curieux et pas trop chochotte : tout marche bien, mais il ne faut pas avoir une exigence trop “bourgeoise”. Tu n’es jamais vraiment planté, il y a toujours une solution.

Et puis, je vous conseille de prévoir un véritable espace de travail que ce soit en louant une surface plus importante ou en vous rendant dans des espaces de coworking. Vous êtes à l’étranger, mais vous n’êtes pas pour autant en vacances.

Le coût de la vie

Nourriture : À partir de 1€ dans le boui-boui du coin, autour de 15€ pour un resto plus sophistiqué

Logement : Autour de 300€ pour un chambre bien placée, autour de 700€ pour une petite maison agréable.

Coworking : Autour de 120€ / mois pour un poste fixe, Autour de 6€ / jour pour un poste nomade

Transport : Taxi moto : autour de 0.8€ pour une longue course / Taxi auto : autour de 3€ pour une longue course. Location de scooter : autour de 18€ / semaine

Voyage : Vol pour la France : 700€ A/R / Vols internes : compter entre 100€ et 150€ pour un A/R à Hanoï / Vols vers d’autres pays d’Asie du Sud-Est : très variable, mais compter 200€ pour un A/R

Amédée
Génie indépendant

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