Jocelyne, indépendante connectée

Si la solitude est bien une menace pour le travailleur indépendant, elle n’est certainement pas une fatalité. Jocelyne, à son compte depuis trois ans, est membre de quatre collectifs différents et complémentaires. Il a fallu qu’elle quitte l’entreprise pour trouver les modes de collaborations qui conviennent le mieux à sa nature libre et enthousiaste. Et, c’est cette ouverture qui lui permet aujourd’hui de réussir en freelance. Rencontre avec une indépendante ultra-connectée…

Quel est ton métier ?

Je suis Digital Learning Transformer, j’aide les PME à créer une communication disruptive et à booster leur business via des MOOC

Depuis combien de temps, es-tu indépendante ?

En esprit depuis pas mal de temps, dans les faits depuis 2015

Que faisais-tu avant d’être à ton compte ?

Je travaillais en Formation RH au sein d’un grand groupe.

Pourquoi avoir fait ce choix ?

Parce qu’au travers du blog miss-mooc.paris lancé 2015, des entreprises sont venues me chercher. C’est vraiment à ce moment-là que j’ai décidé d’y aller ! Et comme cela a continué, j’ai créé Digital Satellite en 2017. Mais en fait, cela s’inscrit dans une continuité.

Mon parcours pro est une succession de projets. Je suis entrée sur des postes salariés parce que des projets me plaisaient. Ceux-ci terminés, en général, j’avais envie d’aller voir ailleurs…

Des collègues me disaient souvent « c’est bizarre, tu es salariée comme nous, mais on dirait que tu es comme un consultant »… Je crois que j’ai toujours eu un pied dedans, un pied dehors… En fait, l’entrepreneuriat m’a toujours attirée.

Ma dernière mission salariée a eu lieu au sein d’un grand groupe dans le contexte des suicides en entreprises. Elle consistait à mettre en place une communauté de 400 managers pour favoriser le soutien entre pairs, la re-connexion avec la direction et le développement continu des compétences. Cette expérience, qui a duré 4 ans, m’a convaincu de deux choses :

La solution mise en place en réponse à une problématique, se sclérose avec le temps si elle ne reste qu’en interne et la porosité dedans-dehors est bénéfique à tous ; j’ai personnellement le sentiment de plus apporter en étant dehors.

Quel est ton statut ? Pourquoi avoir choisi ce statut ?

J’ai démarré en portage. C’était rassurant, cela m’a permis de voir ce que ça donnait… L’année dernière, j’ai basculé en SASU à la fois pour diminuer mes frais et pour être réellement dans un statut entrepreneurial.

En février, Amédée explore la question du collectif chez les indépendants, peux-tu nous dire, à la lumière de ton expérience, comment cela se traduit en pratique ?

Pour moi, c’est essentiel : à la fois pour le partage, pour la veille, pour le débat… En pratique je suis dans quatre collectifs de pairs (un par casquette).

#Freelance => Mutinerie
#Blog => Miss Mooc
#DigitalLeanring =>Learning Sphère
#Formation => Cercle APE,  mais aussi des réseaux entreprises

Bien entendu, l’investissement ne peut pas être au même niveau dans chacun de ces collectifs, notre empathie, notre temps, notre disponibilité cognitive n’étant pas extensibles… on fait naturellement des choix.

Il n’en reste pas moins que faire partie de ces collectifs est un véritable apport, et sincèrement, je pense que c’est indispensable au travailleur indépendant.

Quelles sont les spécificités du travail entre indépendants par rapport au travail en entreprise ? Quelles sont les forces et faiblesses de ce type de configuration ?

Côté pile : c’est agile, ça percute, on est plus souple dans les horaires et donc plus rapide. C’est un véritable plaisir de faire travailler d’autres freelances. Sur certains projets, on apprend ensemble, on galère ensemble parfois, mais c’est une joie partagée, plus forte qu’en salariat, sur les projets top !

Coté face : il faut composer avec les dispos des autres freelances, ça demande organisation et anticipation. Sur des projets complexes, il y a la zone d’entre deux qui est le workflow… Une collaboration fluide, ça se construit dans le temps, au fil des projets. Un peu comme lorsque que l’on développe les compétences d’autres freelances… On prend le risque d’investir dans une personne qui peut stopper le partenariat pour les missions suivantes.

Quels conseils donnerais-tu à un freelance qui se lance ?

Osez aller confronter votre projet au regard des autres, c’est super formateur, ça booste et c’est parfois le début de collaborations.

Les espaces de coworking, ceux qui agrègent de vraies communautés, sont des endroits très porteurs.

Amédée
Génie indépendant

Génie indépendant depuis des siècles, je partage aujourd’hui mes aventures avec vous, indépendants de tout poil et de tous horizons. Actu, bons plans, témoignages ou libres palabres, je vous apporte les meilleures infos pour que vous puissiez profiter au mieux de votre indépendance.

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