Les femmes freelances en chiffres

Dans une société où l’égalité homme – femme est encore loin d’être atteinte et où les cheffes d’entreprises se font rares, Amédée s’est interrogé sur la parité chez les freelances : quel est le pourcentage de femmes freelances ? Quels sont les métiers où elles sont les plus présentes ? Quelles sont leurs motivations ? Voici un état des lieux de la situation des femmes freelances.

Et si l’avenir du freelance, c’était la femme ?

Selon le baromètre de l’emploi freelance homme-femme 2016 de Malt, les femmes ne représentaient à l’époque que 30% des freelances inscrits sur Malt. Une tendance qui semble avoir évolué.

Selon la même étude réalisée en 2017, le pourcentage de femmes inscrites sur Malt passait à 40%, pour augmenter à 52% en 2018.

 

Et oui, les femmes freelances ne se font pas si rares que ça, elles sont même en majorité !

Pour mieux comprendre cette évolution, il faut reprendre les chiffres au global : sur ces dix dernières années, on compte une augmentation significative de la population des freelances (+120%, pour arriver 830 000 freelances). Avec cette démocratisation du statut, on compte donc plus de femmes qu’avant.

Avec ce développement du statut de freelance, on voit apparaître de nouveaux métiers, qui étaient jusqu’ici l’apanage du salariat. Parmi ces métiers, on compte notamment les métiers de la communication. Car oui, jusqu’ici, les freelances versaient plutôt dans le technique, avec un (très) grand nombre de développeurs. Des métiers plus souvent pratiqués par des hommes, ce qui expliquait le peu de femmes freelance.

Où sont les femmes (freelances) ?

Les femmes sont bien présentes, il n’y a pas de doute, cependant, on remarque une grande disparité selon les corps de métier.

 Toujours selon le baromètre Malt, on constate que les femmes sont plus présentes dans les métiers relatifs à la communication.

Elles constituent 57% des rédacteurs et community managers, 40% des graphistes et photographes, et 32% des freelances spécialisés en webmarketing.

Elles sont moins nombreuses dans les métiers relatifs au management : 23% des chefs de projets et professions liées au management, et 23% des consultants en stratégie et business développeur. Enfin, les femmes se font encore plus petites dans les métiers dits techniques : elles ne constituent que 6% des développeurs, des data scientists et des administrateurs systèmes.

Bien que ces disparités soient importantes, on peut aussi soulever qu’elles sont parfois à l’avantage des femmes.

 En effet, en 2016, Malt finissait son enquête homme – femme en soulignant que les femmes avaient un taux de conversion « proposition de projet/mission menée à terme » supérieur de 14% aux hommes. Et si les femmes savaient mieux se vendre ?

Il semblerait que ce soit le cas : les femmes étant plus à l’aise dans le milieu de la communication, elles savent à la fois mieux se vendre, mieux attirer la confiance de leur client, et mieux gérer les allers-retours avec celui-ci, à travers une communication fluide et efficace. Comme quoi, tout n’est pas perdu !

Quelles sont les motivations des femmes pour devenir freelance ?

Il y a quelques années, on entendait souvent un discours prétendant que les femmes sont moins enclines à devenir cheffe d’entreprise, à gérer leur propre business et à monter au créneau en solo. Et pourtant, de plus en plus de femmes sautent le pas, pourquoi ? Nous avons posé la question à quelques femmes freelances.

Pour Marion, consultante en webmarketing, le déclic a été un changement de poste. “Après avoir fait mes preuves et gagné en autonomie dans une entreprise où j’étais restée 4 ans, je devais de nouveau prouver ma valeur, et m’astreindre à des horaires stricts en open space.”

J’ai compris que le salariat ne me permettrait pas de m’épanouir. Pour moi le gros avantage d’être en freelance, c’est la liberté : choisir mon rythme et mon lieu de travail, et surtout décider avec qui et de quelle manière je travaille.

Nathalie, formatrice et coach en création d’entreprise, ne se retrouvait plus non plus dans l’emploi salarié : “À la fin de mon CDD comme assistante de direction sans nouveau contrat derrière, j’ai commencé à chercher un autre emploi salarié.”

Je me suis alors rendu compte que je savais faire bon nombre de choses, mais que les annonces correspondant à mon profil ne me motivaient pas.

Un ami m’a conseillé de me lancer à mon compte. J’ai d’abord ri, et le lendemain en y repensant, je me suis dit pourquoi pas ! Ce qui m’a vraiment motivé ? Ma curiosité, avec une envie continuelle d’apprendre, et mon besoin d’aider et de conseiller les autres. J’aime également les défis et la liberté de l’indépendance.”

Pour Laurence, graphiste indépendante, c’est la maternité qui a provoqué le déclic : “Quand je suis revenue à mon poste de graphiste salariée après mon congé parental, je n’ai pas reçu un accueil très chaleureux. Les relations avec ma supérieure étaient tendues, on me faisait sentir que je n’étais plus à la hauteur.”

Avec le recul, je réalise qu’en devenant mère, je m’étais affirmée, avec de nouvelles responsabilités.

“J’en avais marre d’être subordonnée, j’avais envie de proposer, d’innover, d’être écoutée et reconnue pour mes compétences. Aujourd’hui, je mène ma vie en adéquation avec ma vision : épanouissement personnel et professionnel vont ensemble, je n’ai plus à choisir entre ma famille et mon activité.”

Gaëlle Delhon
Rédactrice

Diplômée en gestion commerciale des structures culturelles et d’une licence en journalisme, passionnée par l’écriture web, j’ai décidé d’en faire mon métier.

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