Nos conseils pour être un parfait digital nomad

Être freelance, ca veut souvent dire ne pas avoir à rester enchaîné à un lieu : un ordinateur et une connexion Internet, et l’on peut travailler de n’importe où. Mais attention, le digital nomadisme ne se fait pas pour autant sans un minimum de réflexion.

Vous êtes freelance : vous avez vos clients, votre rythme de croisière, vous avez même trouvé une routine qui marche. Et, passés l’excitation et le stress des débuts, vous voilà démangé par l’envie de rendre tout ça un peu plus excitant. Or, l’avantage quand on est freelance, c’est qu’on peut travailler de n’importe où, vous êtes-vous sûrement déjà surpris à expliquer. Mais est-ce que vous le faites ? Est-ce que vous avez déjà envoyé un devis à un client en faisant un partage de connexion dans une campagne sans réseau, ou tenté de mettre un article en ligne alors que vous vous apprêtiez à visiter le Machu Picchu (true story) ? Si l’envie de travailler et voyager en même temps vous démange, voici nos conseils pour être un digital nomade (presque) irréprochable.

ÉTAPE 1 : LA PRÉPARATION

Avant de se lancer dans la vie de travailleur itinérant, il faut se poser un certain nombre de questions. D’abord, la destination. Si vous envisagez de partir loin, quel décalage horaire pouvez-vous gérer ? Si votre activité implique de fréquentes réunions téléphoniques, il peut être plus facile d’être en avance sur l’heure française, mais vous risquez de travailler tard dans la soirée. À l’inverse, avec 6 ou 7 heures de retard vous connaîtrez les joies de trouver une quinzaine de mails quand vous vous réveillez pour des calls à 6h du matin, mais aussi de ne plus être sollicité dès le début d’après-midi. L’important étant de trouver ce qui convient le mieux à votre rythme, mais aussi à vos clients. Évidemment, ça vaut aussi mieux de choisir des destinations où vous êtes à peu près sûr de trouver une connexion fiable. Le site crowdsourcé NomadList, qui donne un “nomad score” à plus de 1250 villes, ainsi que notre article sur les meilleures destinations pour les freelances nomades peuvent vous aider à choisir le spot idéal.Une fois sur place, repérez les espaces de coworking et autres café wifi qui pourront vous accueillir. Le réseau Copass en recense plus de 800 dans 80 pays.

Autre point capital : l’équipement. Personne n’a envie de trimballer un ordinateur de 4 kilos mais, pour l’avoir testé, passer des mois à travailler exclusivement sur un iPad, même quand on ne fait qu’écrire, c’est beaucoup trop contraignant. Un ordinateur léger, c’est mieux. Un smartphone qui permet de suivre ce qui se passe sur Slack ou dans sa boîte mail quand on est en vadrouille aussi. Un casque anti-bruit pour se concentrer dans un café et pouvoir faire des Skype dans de bonnes conditions, ça peut être bien. Pour le reste, ce ne sont pas les conseils en ligne qui manquent. Le maître mot, c’est certes de voyager léger, mais aussi de savoir ce qui vous est indispensable pour bien travailler.

ÉTAPE 2 : LA COMMUNICATION

Une fois que vous êtes prêt à partir, il faut prévenir vos clients et partenaires et, souvent, les rassurer sur votre capacité à travailler (pour ce qui me concerne, dire “Je pars trois mois au Pérou mais c’est le même décalage horaire qu’avec New York” s’est étonnamment avéré efficace sur ce point). Arrivé sur place, assurez-vous rapidement d’être joignable : la clé du travail à distance, où qu’on soit, c’est la communication. Passez les premiers jours à vous procurer une carte SIM locale avec data, à repérer les endroits (cafés, bibliothèques, espaces de co-working) où vous allez pouvoir travailler et à vous équiper des bons outils. On a déjà mentionné Slack, mais il peut aussi être utile d’utiliser un calendrier partagé sur lequel vous indiquez à vos clients et partenaires quand vous êtes disponible (la tendance à oublier le décalage horaire quand on est dans un bureau à La Défense est bien réelle). Et si vous décidez de vous déplacer, ayez toujours en tête les moments où vous devez absolument être joignable.

Un spécimen assez typique de digital nomad en 2018

ÉTAPE 3 : LUTTER CONTRE LE « FOMO »

Une fois toutes ces précautions pratiques prises, reste l’aspect psychologique des choses. Ça peut paraître évident, mais voyager et travailler en même temps implique une chose : vous ne pourrez pas faire les deux à 100%. Vous vous sentirez parfois exclu de réunions qui s’organisent au débotté et de décisions qui sont prises sans vous. À l’inverse, il peut être très frustrant d’être en pleine nature ou à l’autre bout du monde et de devoir passer sa journée enfermé devant un écran. Dans un cas comme dans l’autre, la solution, c’est de connaître vos priorités : faire savoir à quelles réunions et décisions vous voulez être associé et lesquelles peuvent avoir lieu sans vous, et décider quels lieux et activités vous ne voulez pas absolument pas rater, et lesquels seront pour vos prochaines vacances.

FAIRE ATTENTION À SON IMPACT

Enfin, et c’est un sujet encore peu abordé mais qui va un jour devenir incontournable, ça vaut le coup de vous demander à quoi vous contribuez. Certes, plusieurs études montrent que les pays qui attirent les “citoyens du monde” en voient les bénéfices, surtout dans le monde académique et dans l’entrepreneuriat — ce qui pousse notamment l’Estonie à mettre en place un Digital Nomad Visa, permettant d’y travailler une année entière. Mais les digital nomads ne font pas que du bien aux endroits où ils s’installent. Comme l’explique à la BBC Agustin Cocola-Gant, de l’université de Lisbonne, qui étudie les effets du digital nomadisme sur la population portugaise, “ils voient arriver des gens du Nord de l’Europe, qui ne parlent pas portugais, qui prennent leur place. Les boutiques changent, ils perdent les endroits où ils se retrouvent avec leurs amis et voisins. (…) Les gens du Nord de l’Europe gagnent pas mal d’argent et c’est plus pratique pour eux de vivre ici, parce que c’est beaucoup moins cher.”

Certes, plusieurs études montrent que les pays qui attirent les « citoyens du monde » en voient les bénéfices, mais les digital nomads ne font pas que du bien aux endroits où ils s’installent.

Ces problèmes ne peuvent pas être résolus par la simple bonne volonté, mais c’est déjà un bon début que d’apprendre un peu la langue, ne pas accepter de loyers qui sont prohibitifs pour les locaux, s’intéresser aux enjeux nationaux et régionaux et tâcher de contribuer à l’économie locale. Si on veut être citoyen du monde, autant éviter au maximum de rendre ce monde pire pour ceux qui n’appartiennent pas à lanouvelle élite que sont les travailleurs nomades.

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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