5 questions à se poser avant de se lancer en freelance

Vous pensez à vous lancer en freelance mais vous hésitez encore ? Amédée vous aide à passer un entretien d’embauche avec vous-même pour savoir si vous êtes fait pour le job.

Nous avons repris une série typique de questions posées en entretien d’embauche : y répondre peut vous aider à déterminer si vous êtes “fait” pour être freelance, c’est-à-dire si vous y seriez bon, et si cela vous rendrait heureux dans votre vie professionnelle.

Pourquoi voulez-vous ce poste ?

Cette question est en réalité double. Vous devez d’abord vous demander pourquoi vous voulez quitter votre situation actuelle, ce qui vous aidera à savoir pourquoi vous voulez être freelance. Par exemple, vous pouvez adorer votre métier, vos collègues et votre environnement professionnel, mais détester les contraintes de la vie de bureau : faire exactement la même chose en freelance peut être une bonne idée. Vous pouvez avoir une grande idée pour inventer votre propre métier, qui ne rentre dans aucune des cases de l’emploi salarié : là aussi, ce n’est peut-être pas idiot de se lancer à son compte.

Évaluez bien vos motivations : vouloir être freelance pour ne pas avoir de boss et faire ce qu’on veut quand on veut n’est pas une raison suffisante. Soyez aussi conscient de vos besoins psychologiques : sur le papier, être seul maître à bord peut être séduisant, mais certaines personnes sont très stressées par l’absence de cadre ou l’incertitude financière. Il vaut mieux le savoir à l’avance.

Comment évaluez-vous votre succès ?

Partez d’expériences que vous considérez comme des succès professionnels (avoir gagné un important client, écrit un article dont vous êtes particulièrement fier, acquis une nouvelle compétence pour mener à bien une mission, etc.). Est-ce que les leçons que vous en tirez vous aideraient à être un bon freelance ? Cette question touche aussi à vos principales forces : évaluez votre esprit d’initiative, votre indépendance, votre gestion du stress, vos compétences et votre confiance en elles.

Plus largement, il est important de vous demander ce qui vous rend heureux dans le travail.

Qu’est-ce qui vous donne le sentiment d’une journée accomplie, qu’est-ce qui vous procure une vraie satisfaction ? Si vous ne pouvez pas “importer” ces expériences dans votre vie de freelance, vous risquez de vite perdre votre entrain. Dauphine, une infirmière qui est en train de se lancer en freelance dans la promotion du terroir français, valorise plus que tout le “contact humain”, une constante entre ces deux activités pourtant très différentes.

Quel est votre plus gros défaut, votre plus grande faiblesse ?

Question d’entretien par excellence, à laquelle, enfin, vous n’êtes pas obligé de répondre que vous êtes un insatiable perfectionniste. Pour moi, et pour beaucoup d’autres, la vraie faiblesse est la difficulté à travailler tout le temps en équipe. On peut avoir du mal à passer des journées en réunion, à être interrompu par les collègues en open space, à devoir composer avec les modes de travail des autres quand on est plus efficace seul, etc. Et cette faiblesse n’est pas franchement valorisée par le monde de l’entreprise.

Ne sous-estimez pas l’importance de votre personnalité quand vous envisagez de vous lancer en indépendant.

Il me semble assez pertinent de savoir si on est plutôt introverti ou extraverti, par exemple, puisqu’on peut aussi aimer être indépendant et travailler avec les autres. Florence est illustratrice et pendant sa période de formation, qui correspondait aussi à une reconversion professionnelle, elle a pris un job de serveuse à mi-temps, sinon c’est trop solitaire et je savais depuis le départ que ce n’était pas une structure qui me convenait. Surtout quand tu as été salariée et que tu sais ce que tu quittes : je savais que j’avais besoin de rencontrer des gens tous les jours.”

Quelles sont vos prétentions salariales ?

Il est indispensable de bien préparer cette question pour ne pas être pris de court quand il s’agira de négocier des devis, mais aussi pour savoir quel type de quotidien on veut. Dans leur livre Devenir freelance ?, Bertrand Moine et Romain Arnol, co-fondateurs du collectif de freelances Digital Village, livrent des conseils pour déterminer son taux journalier moyen qui peuvent vous aider à répondre à cette question. Il s’agit de savoir combien de jours vous voulez travailler par an (en comptant les maladies et les vacances), quels seront vos coûts d’exploitation, vos impôts et cotisations, et bien évidemment combien vous voudriez gagner par mois.

Avant de vous lancer, n’oubliez pas que la trésorerie est le nerf de la guerre et que certains clients payent à 60, voire 90 jours. Si vous n’avez pas droit au chômage, il est indispensable au début d’avoir un petit matelas de côté pour combler ces “trous” de trésorerie. “Mon conseil principal, ce serait d’assurer un cadre, au moins sur un an, pour avoir un revenu régulier”, recommande Nicolas, freelance à Barcelone. Évaluez aussi la solidité du réseau professionnel que vous avez déjà constitué. “Comme j’ai travaillé dans une grande agence et que ça s’est bien passé, (…) je n’ai pas besoin de prospecter”, nous dit Paul, concepteur-rédacteur indépendant. “Il faut se faire une expérience. Commencer en freelance en étant étudiant, je n’y crois pas trop.”

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Enfin, cette question est importante pour vous fixer un cap, dont vous pourrez vous souvenir quand les temps seront un peu difficiles. Il ne s’agit pas forcément de définir une fiche de poste ultra-détaillée pour votre futur vous, mais plutôt de vous demander quelle serait votre vie professionnelle idéale, et quelles étapes vous devez mettre en place pour y arriver. Vos objectifs peuvent d’ailleurs être en apparence extra-professionnels. Par exemple, Florence aime “le voyage et le dessin”, et elle a par ailleurs une solide expérience en communication : son objectif est de devenir illustratrice pour des reportages de terrain pour le compte d’ONG. On envoie bien des photographes freelance sur le terrain, alors pourquoi pas un illustrateur référent qui soit basé dans la région et qui propose quelque chose de différent ?”


Photo de couverture Andre Mouton
Photo #2 Emily Morter

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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