Stéphane, travailleur tout-terrain

Électron libre, maraudeur de l’extrême, autodidacte sans frontières, Stéphane est toujours sur la brèche. Ce développeur de talent, passionné de voyages, a poussé le concept de travail nomade au-delà du sens commun. Des montagnes de l’Atlas aux plaines de Sibérie en passant par le plateau de Millevaches, cet intarissable baroudeur sillonne la terre à bord de son Defender. Mais ne vous méprenez pas, l’homme n’est pas en vacances, loin s’en faut, il doit continuer à produire, à répondre aux clients, à développer son business… Amédée se devait de rencontrer ce garçon hors normes.

Quel est ton métier ?

Je conceptualise et développe des solutions digitales ; des applications métiers pour les ministères, des plateformes e-learning ou serious game pour des OPCA, des apps et jeux vidéos sur smartphone, tout type de site web, e-commerce, CMS, CRM, etc… En complément de ces solutions, je produis aussi du contenu et des expériences narratives linéaires ou interactives pour les nouveaux médias.

Depuis combien de temps es-tu indépendant ?

Depuis que j’ai monté ma propre structure, il y a déjà plus de 16 ans… En avril 2001, je monte une petite agence digitale qui se nomme PulpStation (on disait web agency à l’époque). Je suis un garçon passionné, alors au fil du temps et des opportunités, j’ai greffé à PulpStation quelques-unes de mes bulles récréatives qui, pour certaines, se sont déclinées en différentes entités et vrais métiers ; dans le cinéma, la musique, l’évènementiel, le voyage…

Cette diversification était-elle prévue ?

Je fonctionne plus par feeling que par calcul. C’était nullement une stratégie business, mais plutôt des opportunités et coups de cœur que j’ai essayé de développer et monétiser. Au final, ça m’a permis de renforcer ma marque et mon métier premier avec une gamme de services plus large et plus globale. Comme par exemple, être capable de produire les contenus médias et narratifs dédiés aux solutions que je développe.

Que faisais-tu avant d’être à ton compte ?

J’étais directeur technique dans une agence web parisienne.

Pourquoi avoir fait ce choix ?

Pour être totalement libre de mes décisions et mouvements, pour créer quelques chose à moi, pour le défi et l’aventure humaine, et cela en combinant mes passions pour l’informatique et le voyage.

Ayant toujours eu la bougeotte, j’ai vite compris les opportunités du télétravail qu’offraient ces nouveaux métiers du web.

Jouer le nomade et assouvir ma passion du voyage en vivant de ma passion de l’informatique me semblait une belle idée, mais pas évidente à présenter à un employeur. Je me suis donc lancé à mon compte pour créer le job et le style de vie dont je rêvais.

Quel est ton statut (AE, SARL, SASU, Coopérative d’activité et d’emploi…)

PulpStation est une SARL. À l’époque, il n’y avait pas autant d’options qu’aujourd’hui. J’ai commencé avec des salariés, mais dès 2003, c’est devenu compliqué, alors je me suis très vite appuyé sur d’autres indépendants et freelances, ce qui correspond bien mieux aux contraintes et diversités de nos métiers. Au fil du temps, PulpStation est devenu un vrai collectif de talents, capable de monter des équipes hétéroclites, efficientes et adaptées aux besoins et contraintes des projets clients. Et ça aussi, ça se gère très bien de n’importe quel point du globe.

Les vacances, est-ce que ça existe vraiment quand on est freelance ?

Si tu ne délègues pas, de mon expérience, non. Et même en déléguant, tu as toujours des choses à gérer où que tu sois ; des mails, des calls, de la production, du management… D’autant qu’aujourd’hui, du moins très souvent, si tu ne rappelles pas un client dans le quart d’heure de l’appel manqué, il ne comprend pas. Et il comprend encore moins que tu puisses toi, être en vacance.

En résumé, tu n’es jamais totalement déconnecté et tu peux rarement totalement disparaître. C’est la raison pour laquelle, j’ai inversé les choses au fil du temps : ne plus inviter le boulot dans mes voyages, mais inviter les voyages dans le boulot. J’ai totalement réorganisé et optimisé mon style de vie autour de cette philosophie.

À quoi ça ressemble concrètement ?

J’ai eu plusieurs expériences de digital nomad : la première consistait en des aller-retour en avion dans différents coins du globe, pour 1 à 2 semaines. C’était compliqué de profiter pleinement des lieux et de travailler dans cette configuration.

Je me suis ensuite semi-expatrié dans différents pays (Mexique, Tunise, Russie…) avec des aller-retour régulier de 3 semaines / 1 mois. C’est déjà mieux et plus gérable, tu as tes repères, tes habitudes, tu peux être concentré sur ton travail sans stresser de ne pouvoir profiter des lieux puisque tu y reviens régulièrement. Mais la monotonie risque de s’installer et, financièrement, les hôtels ou Airbnb peuvent vite chiffrer.

J’ai donc cherché une solution pour réduire les coûts d’hébergement, être capable de partir et m’arrêter quand je veux, de travailler de n’importe où.

J’ai alors investi dans un véhicule 4×4 qui me permet tout ça, un Land Rover Defender que j’ai équipé pour le raid. Grâce à lui, je suis capable d’assouvir ma soif d’aventure et ses capacités de franchissement off-road me permettent de me poser un peu partout.

J’ai ajouté à cette voiture un toit relevable pour pouvoir y dormir. Mon mac et une connexion wifi nomade suffisent à emmener mon bureau avec moi.

Aujourd’hui, je parcours des pays magnifiques, je me pose et je m’arrête où je veux, au choix et selon le temps, j’ouvre le toit où j’installe l’auvent pour travailler. Parfois, et même si le Defender est équipé d’un réservoir d’eau et d’une douchette, une bonne et vraie douche chaude est la bienvenue, je m’arrête alors dans des espaces de coworking / coliving avec mon abonnement Copass et quand je veux vraiment me faire plaisir, un bel hôtel de temps à autre.

Qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer ?

Les retours obligatoires à Paris ! Il faut bien décrocher de nouveaux projets, assurer des rendez-vous, réunions et autres comités de direction avec les clients, signer où livrer les projets… Ca signifie souvent la fin d’une aventure, d’un voyage, d’un pays. Parfois, il y a des urgences à traiter, je laisse le Defender et je saute dans un avion pour un aller-retour de 2 ou 3 jours à Paris.

L’autre difficulté est aussi l’internet, selon les endroits traversés les connexions wifi et 4G peuvent être capricieuses, voir inexistantes, il faut savoir l’anticiper,  trouver des plans B et être toujours réactif si un souci survient (heureusement, je suis bien entouré et mes équipes peuvent prendre le relai si nécessaire).

Qu’est-ce qui est le plus jouissif ?

Mon mode de vie et cette liberté de mouvement. Je découvre le monde tout en produisant des projets digitaux, en pleine nature, face à la mer, des canyon, des déserts, des lacs gelés, dans des endroits incroyables et improbables.

Quels conseils donnerais-tu à un freelance vacancier ?

Tout dépend ce que tu appelles un freelance vacancier.

Si c’est un freelance en vacance, je lui conseille de s’organiser pour partir serein et déconnecter totalement, de ne pas sortir l’ordi portable ou le mobile, où du moins, pas pour travailler.

Ce n’est pas facile à faire, perso je n’y arrive pas, d’où mon actuel mode de vie.

Si c’est un freelance nomade, je recommande de passer de temps en temps dans des espaces de coworking où coliving qui vont lui permettre d’obtenir des bons tuyaux sur le pays traversé, de garder un lien social, voir même de lui amener du business.

Il y trouvera très certainement d’autres travailleurs nomades dont le retour d’expérience est toujours enrichissant. Et avant de se lancer, de bien réfléchir au mode de transport, prendre le plus adapté à sa personnalité ; certains le font à pieds en backpack, en vélo, en camping-car, en Airbnb… Idem pour les destinations souhaitées ; selon les fuseaux horaires, le temps nécessaire pour revenir à son QG, les budgets et le coût de la vie sur place.

As-tu des outils à recommander ?

Si j’ai besoin d’un hébergement, j’utilise Booking, hôtels.com, Airbnb et une app de camping. J’utilise aussi Wikiloc, un site collaboratif qui permet de découvrir des itinéraires pour le offroad, trekking, VTT, alpinisme, marche, Kayac, etc.

Où peut-on te suivre ?

Le compte Instagram de Pulpstation permet de me suivre à travers le globe et en septembre-octobre, un blog de voyage autour du Defender et de ce mode de vie devrait émerger.

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