3 études à lire sur le travail indépendant6 minutes de lecture

Lorsqu’on parle des freelances et des travailleurs indépendants, on bute rapidement sur un problème statistique. Combien sont-ils ? Faute d’une définition claire et d’outils statistiques appropriés, il est très difficile d’en faire le décompte. Pourtant, certains s’y sont risqués. Nous vous présentons ici trois études passionnantes et complémentaires en espérant que cela vous donne une idée plus précise du phénomène qui nous intéresse.

Cette étude, conduite en 2017 puis en 2018, demeure une référence lorsque l’on parle du phénomène des freelances en France. Pour conduire l’édition 2018, Malt a interrogé un échantillon de 1395 freelances parmi les utilisateurs de la plateforme. Plusieurs enseignements en sont sortis : contrairement à ce que l’on entend souvent, le freelancing n’est pas une solution par défaut pour des travailleurs ne parvenant pas à intégrer le monde merveilleux du salariat. 88% des freelances le sont par choix ! L’étude Malt 2017 nous apprenait que 75% des freelances sont fiers de l’être, mais que 88% d’entre eux déclarent que leur entourage s’inquiète pour eux… Et ils étaient 97% à dire ne pas se sentir pris en considération dans le débat économique et politique.

Les études de Malt ont eut le mérite de poser ce qui me semble être la définition la plus juste de ce qu’est un freelance. Cette définition claire permettant de distinguer les freelances des autres travailleurs indépendants et finalement de les compter… “Les freelances sont des travailleurs indépendants qualifiés — consultants, graphistes, designers ou développeurs informatiques — qui choisissent de se mettre à leur compte sans employer d’autres personnes. Ils fournissent des services techniques, artistiques ou commerciaux externalisés par les organisations, via une plateforme numérique ou directement. À l’inverse des autres indépendants, ils n’ont pas nécessairement de fond de commerce, d’agrément, d’actif immobilisé ou de licence permettant d’exercer une profession réglementée.” En 2017, ils sont environ 830 000 en France et 9 millions en Europe. En France, le chiffre est en progression de 126% en 10 ans.

Cette étude se base sur une définition beaucoup plus large du travail indépendant, considérant toute activité rémunératrice non salariée comme une forme de travail indépendant (offrir ses services via une plateforme, vendre ses créations sur Etsy, louer son appartement sur Airbnb…). Cette étude porte sur les États-Unis et 15 pays d’Europe. Les chiffres qui en sortent donnent le tournis, et, s’ils ne venaient pas du prestigieux cabinet de conseil, on aurait même tendance à douter.

162 millions de personnes pratiquent le travail indépendant sur la zone géographique étudiée. Cela représenterait entre 20% et 30% de la population active de ces pays. 70% d’entre eux le feraient par choix, 30% par nécessité. 44% en tirent leur revenu principal, 56% un revenu complémentaire. La France compterait 13 millions de travailleurs indépendants, 68% par choix et 32% par nécessité. 39% en tirent leur revenu principal, 61% un revenu complémentaire. Depuis sa parution en 2016, cette étude ne cesse de faire du bruit. On comprend pourquoi.

“Demain, tous indépendants : une hypothèse crédible ?” Voici la question posée en ouverture de cette étude menée par le centre d’études prospectives Futuribles pour l’observatoire Alptis de la protection sociale. L’étude commence par lister les principales évolutions à l’origine de la reprise du travail indépendant (au sens large) en France, avant de poser 4 questions clé correspondant aux grands enjeux de celui-ci.

Nos prospectivistes présentent ensuite 4 scénarios possibles d’évolution du travail indépendant dans notre pays :

  • Scénario #1 : Entrepreneur roi, salarié prolétaire
  • Scénario #2 : L’indépendance subie
  • Scénario #3 : Tous entrepreneurs nomades
  • Scénario #4 : À chacun son organisation du travail

Pour chaque scénario, cette étude réfléchit au système de protection sociale correspondant, ce qui est particulièrement intéressant aujourd’hui, alors que cette question fait son chemin dans le débat public.

Photo de couverture : BRUNO CERVERA

Antoine van den Broek
Rédacteur en chef d’Amédée

Indépendant, frère-fondateur de Mutinerie, penseur, acteur et témoin des nouvelles formes de travail, passionné par le développement de communautés, j’aime faire des rencontres et raconter des histoires, deux activités auxquelles je peux me livrer par la grâce d’Amédée

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