Avoir des enfants est bon pour votre activité de freelance8 minutes de lecture

La vie en freelance est déjà assez chaotique comme cela : instabilité des revenus, confusion entre vie pro et vie perso, coups de bourre et autres charrettes… difficile dans ces conditions d’envisager avoir des enfants à gérer – en plus du reste.

Pourtant, la maternité ou la paternité est peut-être ce choc qui vous permettra de grandir aussi bien personnellement que professionnellement.

Voici trois conséquences heureuses de la parentalité en freelance.

Avoir un vrai rythme

C’est du bon sens. Difficile d’avoir des enfants sans mettre en place horaires et routines. Ils en ont besoin, et leurs parents aussi.

Pour les freelances qui, depuis des années prennent des résolutions sans effet et parlent d’auto-discipline comme on parle du Pérou, les enfants sont le couteau sous la gorge et le flingue sur la tempe qu’ils attendaient sans le savoir. Impossible désormais de se dérober.

On se lève à 7h pour s’occuper de l’enfant, ou pour le déposer à la crèche. Lorsqu’on arrive au travail (trouvez-vous un espace de coworking !) on sait qu’il faudra quitter les lieux avant 17h, quelque soit la charge de travail, quelque soit la pression des clients, quelles que soient toutes les bonnes excuses que l’on pourrait trouver. Fini les pauses Facebook et les détours YouTube, on attaque la journée sans délai et on ne la lâche plus.

À l’heure prévue, on ferme son ordi et on rentre à la maison. Commence alors le tunnel du retour : bain, dîner, jeux, lecture, coucher. On refait surface vers 20h30. Le temps de dîner et de prendre une douche, il est bientôt 22h… Le calme est revenu, l’occasion de se replonger dans le boulot une heure ou deux ? Est-ce vraiment ce que l’on a de mieux à faire ? Il ne nous reste finalement que deux heures avant l’extinction des feux (cf. lever 7h). Et puis, c’est le seul moment de la journée où l’on peut prendre un peu de temps pour nous : lire un bouquin, se faire un épisode de série, écouter un podcast, ou simplement zoner entre adultes consentants. On se rend assez vite compte que ces moments hors du devoir sont précieux et nécessaires. On reprendra la charrue demain matin…

Jour après jour, un véritable rythme s’imposera réduisant finalement l’effort de volonté qu’il fallait autrefois. On n’a plus à se motiver, on a simplement à faire ce que l’on doit. Et l’on se rend compte que nos différents « devoirs » cohabitent plutôt bien. Chacun devenant le repos de l’autre : le plaisir de déconnecter avec ses enfants que l’on retrouve après une intense journée de travail, le calme retrouvé lorsqu’on allume son ordi, un café fumant sur la table, pour attaquer une bonne session de taf.

Apprendre à dire non

Non, non et non !!! Il y a bien sûr les nombreux « non » adressés à l’enfant. Mais il y aussi tous ceux que vous aller commencer à infliger à vos clients, prospects et aux innombrables importuns qui vous sollicitent pour toutes sortes de raison.

Vous devenez une véritable machine à non. Non à cette mission urgente qui fera exploser votre planning, non à cette proposition d’intervention chronophage dans une ville éloignée, non à cette fumeuse demande de rendez-vous pour discuter d’éventuelles synergies…

Lorsque qu’on devient parent, on prend conscience que notre temps est une ressource rare et précieuse. Certains avaient déjà compris cette évidence avant d’avoir des enfants, d’autres, un peu plus longs la détente, auront besoin de devenir parent pour cela.

Cette conscience aigüe du peu de temps que nous avons, vous amènera peut-être aussi à revoir vos tarifs que vous n’avez pas touchés depuis trois ans. Sachant que vous ne disposez que d’un nombre limité d’heures de travail et que vous avez besoin de visibilité financière, vous ne pouvez plus vous permettre de partir dans des missions mal cadrée et mal pricées.

Ce cortège de « non » vous amènera naturellement, par élimination, vers les missions et les clients qui vous conviennent le mieux.

Apprendre la patience

Vertu cardinale des parents, la patience est trop rarement celle du freelance. Passant d’une urgence à l’autre, d’un client à un autre, les freelances ont tendance à vivre à court terme, aiguillonnés par la nécessité et ses contingences quotidiennes.

Pourtant, on ne le répétera jamais assez, se lancer en freelance est une course de fond. S’il veut durer, un freelance doit avoir une véritable stratégie de carrière. La prestation de service n’est que l’un des pan du travail d’un freelance. Un freelance doit aussi investir du temps dans la communication, le marketing, l’acquisition, la veille, la formation, le networking… Des tâches qui ne paient pas immédiatement, mais qui sont indispensables pour développer une activité prospère, durable et sereine.

Car, en réalité, un freelance ce n’est pas juste un expert indépendant, c’est une petite entreprise miniature, un MVP d’entreprise, un bonsaï solitaire et fragile.

Les enfants modifient notre rapport au temps, on comprend que les choses ne se font pas en un jour, on fait des projets de long terme, on est plus volontiers près à engager des efforts qui porteront leurs fruits plus tard.

En devenant parent, on perd sans doute un peu de légèreté, mais on gagne une certaine maturité qui ne tardera pas à déteindre sur notre vie professionnelle.

Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire.


Photo de couverture :
Caroline Hernandez
Photo #2 : Laurent Peignault

Antoine van den Broek
Rédacteur en chef d’Amédée

Indépendant, frère-fondateur de Mutinerie, penseur, acteur et témoin des nouvelles formes de travail, passionné par le développement de communautés, j’aime faire des rencontres et raconter des histoires, deux activités auxquelles je peux me livrer par la grâce d’Amédée

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