Freelance : Comment développer ton activité avec YouTube8 minutes de lecture

Pour creuser cette question, Amédée est parti à la rencontre de Laëtitia, graphiste freelance, fondatrice de Néographe Factory. Elle nous donne ici ses conseils pour faire de la vidéo une véritable source d’acquisition de clients pour son business de freelance.

Avoir une idée claire de sa cible

Puisque vous vous apprêtez à prendre la parole par vidéos interposées, autant savoir à qui vous vous adressez. Cela sonne comme une évidence, mais certaines évidences sont toujours bonnes à rappeler.

Lorsqu’il y a trois ans, Laëtitia a commencé à utiliser la vidéo pour promouvoir son expertise elle avait déjà une idée claire du type de missions qu’elle souhaitait réaliser et du type de clients qu’elle voulait. Ce qu’elle voulait faire en priorité, c’était de la création d’identités visuelles, cela impliquait de travailler avec des clients qui se lancent (exception faites de quelques refontes), donc plutôt des jeunes startups et autres petites boites. A priori des clients jeunes, curieux et connectés.

Une fois la question de la cible réglée, il convient d’en comprendre les enjeux, d’adapter son discours sur le fond comme sur la forme et de choisir les canaux appropriés.

“Dans les jeunes entreprises auxquelles je m’adresse, on essaie généralement de faire les choses par soi-même, car les budgets sont serrés – au début, tout au moins. On est donc friands de conseils pratiques et activables du genre : choisir ses couleurs, créer une affiche simple et efficace, rédiger un brief pour un graphiste… C’est en répondant clairement à ces questions que je peux apporter de la valeur à mon audience.”

Et puisqu’elle sait à qui elle s’adresse, elle sait aussi comment leur parler, car on ne s’adresse pas de la même manière à une créatrice d’entreprise de 25 ans, à un vénérable directeur de la communication d’un groupe de 20.000 personnes, ou à une intraitable directrice d’agence. Laëtitia, elle, a choisi, elle peut donc s’en donner à cœur joie sans craindre les fausses notes.

Elle sait aussi que sa cible traîne souvent sur YouTube, passe pas mal de temps du Facebook et reste à l’affût sur LinkedIn. Elle utilise donc ces canaux pour la toucher.

 

Et que se passe-t-il ensuite ?

Eh bien, il se passe qu’après avoir bidouillé deux trois trucs dans son coin, le prospect prend contact avec Laëtitia, car il réalise que, pour aller plus loin, il va avoir besoin d’un service professionnel. Ayant déjà eu des contacts avec Laëtitia via ses vidéos, c’est naturellement qu’il pense à elle, comme il penserait à une vieille copine ou une ancienne collègue.

Les prospects qui me contactent, ont déjà l’impression de me connaître. Cette relation de confiance a priori est particulièrement précieuse lorsque, comme moi, on propose ses services sur des sujets techniques à des clients qui en connaissent mal les enjeux. Le client, un peu perdu, a besoin de se raccrocher à quelqu’un de rassurant, il ira plus volontiers vers moi que vers un graphiste anonyme, même si celui-ci a un book à montrer.

C’est ainsi que la cible, devenue prospect, se transforme tout naturellement en client.

Ne pas être chiant.e

Paf ! Encore une évidence… Décidément. On se demande bien ce qu’on fait encore à lire cet article. Bah oui, tout le monde est saturé de contenu, des vidéos nous sautent au visage à longueur de journée, 10 secondes d’attention, ça se mérite, alors imaginez 3 minutes !

“Exprimez-vous avec des mots concrets, bannissez le jargon, donnez des conseils activables, soyez pêchus et SOYEZ CONCIS.”

 

Les vidéos de Laëtitia ne dépassent pas 3 minutes, et pourtant elle regorgent de contenus activables. Le ton est libre et amusé, on est loin des nombreux tutos-à-se-pendre qui sévissent sur la toile.

Encore une fois, c’est parce que vous savez précisément à qui vous vous adressez, que vous pouvez vous permettre de sortir de cette pseudo-neutralité qui rend tant de discours inaudibles. Vous êtes un freelance non de Dieu, vous êtes libre, alors soyez vous-même. Sinon, à quoi bon ?

Faites des vidéos quali

Ce point est l’un des plus controversé lorsque l’on parle de se faire connaître via la vidéo.

Certains nous expliquent qu’il est inutile de passer du temps à fignoler sa vidéo et qu’on peut tout aussi bien se poser derrière la caméra de son ordi et raconter sa petite histoire, comme ça, à la sauvette. On gagne du temps et l’aspect casual nous fait paraître proche de notre audience.

Impossible de trancher dans l’absolu. Cela dépend des cas.

Celui de Laëtitia est particulier. La clarté du message et l’esthétique du support étant ce sur quoi elle propose ses services, une vidéo à l’arrache et brouillon passerait mal et risquerait même de la desservir. C’est une question de cohérence. L’exigence de concision dont nous parlions tout à l’heure plaide elle aussi en faveur d’une vidéo travaillée, car on le sait, faire court, ça prend du temps !

Autre point intéressant, Laëtitia conserve les codes de la vidéo faite-maison : elle est justement chez elle, devant son ordi, dans des positions du quotidien. Résultat : un rendu pro qui fait casual. Le meilleur des deux mondes…

C’est très bien tout ça, mais quel investissement cela représente-t-il vraiment ?

“Si l’on compte l’écriture, la captation, le montage, la mise en ligne, la production des vignettes et tout le reste que j’aurais pu oublier, il faut compter deux bonnes journées de travail par vidéo. Pas évident à caler dans le planning truffé de deadlines d’un graphiste… Je me suis donc organisée en conséquence : je tourne toutes mes vidéos en août, pendant que mes clients sont en vacances. Puis, je les diffuse au fil de l’année à raison d’une vidéo par mois.”

“Pour l’achat du matos, j’ai fait une cagnotte Leetchi en expliquant mon besoin et ce que je comptais faire avec cet argent. Cela m’a notamment permis d’acheter un bon micro. Et puis, cela m’a donné l’occasion de parler de mon projet et d’embarquer des gens avec moi. Pour la réalisation et le montage, je me suis formée toute seule. Ça a mis plus de temps que si c’était un pro de l’image, mais c’était évidemment beaucoup moins cher et, aujourd’hui, je suis autonome.”

Et le retour sur investissement ?

“Aujourd’hui 80% des appels entrants de prospects intéressés par mes services viennent de mes vidéos. Si une vidéo me rapportait ne serait-ce qu’un client, l’investissement serait déjà rentable. Donc, oui, pour moi, c’est vraiment un excellent investissement.”

En générant un flux régulier d’appels entrants, ces vidéos ont permis à Laetitia de réduire l’effet montagnes russes que connaissent tant de freelances, notamment les graphistes. Cela lui a permis de pérenniser son activité et, dans une certaine mesure, de choisir ses missions.

Intégrer les vidéos dans des posts ou des articles de blog

Une fois vos vidéos réalisées, vous pouvez les intégrer à des articles de blog ou à des posts sur les réseaux sociaux. À titre d’exemple, jetez un œil à ce post LinkedIn : “Une vidéo avec ton smartphone ?. Vous y trouverez la vidéo YouTube intégrée à l’article LinkedIn.

Pour Facebook Laëtitia s’y prend un peu différemment, dans la mesure du possible, elle upload la vidéo directement sur sa page FB (au lieu de mettre un lien vers une vidéo YouTube). Facebook préférant vous faire rester dans son univers plutôt que de vous voir partir chez la concurrence, il a tendance à mieux faire ressortir les vidéos “natives” que les liens vers des vidéos YouTube.

Quoi qu’il en soit, gardez bien tête que votre chaîne YouTube ne se suffit pas à elle-même surtout au début. Il est indispensable d’utiliser tous les réseaux sociaux à votre disposition pour en faire la promotion.

Et maintenant, à vous de jouer !


Photo de couverture :
Rachit Tank

Antoine van den Broek
Rédacteur en chef d’Amédée

Indépendant, frère-fondateur de Mutinerie, penseur, acteur et témoin des nouvelles formes de travail, passionné par le développement de communautés, j’aime faire des rencontres et raconter des histoires, deux activités auxquelles je peux me livrer par la grâce d’Amédée

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