Freelances, et si vous vous faisiez embaucher par un client ?6 minutes de lecture

Une relation réussie avec un client, c’est peut-être celle qui aboutit sur une proposition d’embauche. Voici les questions à se poser si un client cherche à vous recruter.

Pour beaucoup, la vie de freelance séduit parce qu’elle permet de travailler librement, en fixant ses horaires de travail, ses tarifs et, si tout va bien, ses missions. Mais quand le principal attrait de l’indépendance est le fait d’exercer un métier passion, il peut être tout à fait désirable de regagner le salariat en se faisant embaucher par l’un de ses clients.

Les avantages à se faire recruter par un client

La question de l’embauche par un ex-client se pose généralement dans l’autre sens : un salarié devenu freelance, qui se demande s’il peut travailler avec son ancien employeur. Mais l’inverse existe aussi, et ne pose pas de problèmes légaux : si un client est ravi de votre travail et vous propose de signer un contrat, rien ne vous empêche de le faire.

Les avantages sont assez évidents. D’abord, être recruté par un client implique qu’il existe déjà entre vous une très bonne relation de travail et de confiance. Vous connaissez la culture de la maison, ses modes de fonctionnement, et ils apprécient votre manière de travailler et de communiquer : de très bonnes bases pour une embauche qui satisfait les deux parties.

Cela veut aussi dire que votre expertise est reconnue, et que l’entreprise sait qu’elle a intérêt à “sécuriser” en vous proposant un poste. J’écoutais récemment le témoignage d’une modéliste et créatrice de patrons de couture zéro déchet, Mylène L’Orguilloux, qui avait été repérée par Décathlon : après quelques missions en freelance pour initier les équipes de conception à la thématique du zéro waste, elle a été missionnée pendant un an pour chapeauter une étude industrielle sur cette démarche. Elle est repassée en freelance récemment, mais continue d’accompagner le projet de Décathlon.

Être embauché par un ancien client, en théorie, permet donc de combiner le meilleur des deux mondes : exercer un métier qui vous passionne, dans lequel vous êtes bon et votre expertise est valorisée, tout en bénéficiant de la stabilité d’un emploi salarié et des opportunités d’évolution de carrière que peut vous offrir un employeur.

Les questions à se poser

Cela ne veut pas forcément dire que la relation de travail sera obligatoirement idyllique. À un niveau personnel, il faudra vous demander si vous êtes prêts à renoncer à l’indépendance, c’est-à-dire à travailler non plus pour des clients mais pour une entreprise. La nuance est importante, d’abord parce que vous vous retrouverez engagé dans le succès de votre entreprise et que sa raison d’être devrait, idéalement, vous importer.

Vous serez aussi sujet aux règles et rituels de la vie de salarié, des horaires de travail aux entretiens de performance en passant par la pose de vos jours de congés. Si vous aimiez votre liberté de freelance, abordez le plus tôt possible la question de l’autonomie. L’entreprise que vous vous apprêtez à rejoindre est-elle très hiérarchisée, avec des processus lourds, ou serez-vous en mesure de prendre des initiatives et de travailler en autonomie ? 

Si vous souhaitez continuer à travailler sur d’autres projets qui vous tiennent à coeur, il peut être judicieux d’évoquer la possibilité d’un temps partiel — tant que votre contrat de travail autorise ces autres activités, si elles sont dans le même domaine. C’est ce qu’a récemment fait mon amie Rebeccah, copywriter et traductrice freelance, qui a accepté un poste à temps partiel auprès d’une entreprise avec qui elle travaillait, pour gagner en stabilité et découvrir de nouvelles missions, tout en gardant ses autres clients les plus importants.

Quitter la vie de freelance

Enfin, dans le cas où vous “abandonnez” complètement la vie de freelance, il faudra vous renseigner sur les démarches de clôture de votre entreprise individuelle ou de votre micro-entreprise. Heureusement, elles ne sont pas très lourdes. Dans le premier cas, il s’agit principalement de déclarer la cessation de votre activité dans les 30 jours auprès du Centre de formalité des entreprises dont vous dépendez. Dans le second, la procédure est similaire pour être radié du registre des micro-entrepreneurs ; si vous voulez revenir à une activité indépendante plus tard, vous pourrez redémarrer votre auto-entreprise avec le même numéro SIREN.

Signer un contrat de travail quand on a longtemps été freelance, c’est un grand pas. Mais si cette étape survient parce qu’un ancien client a voulu vous embaucher, vous avez probablement toutes les chances de votre côté pour qu’elle se passe très bien. Et puis surtout, quitter l’indépendance, ce n’est jamais irréversible.

Photo de couverture : Evangeline Shaw

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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