Freelances, générez des revenus passifs6 minutes de lecture

Deux freelances nous racontent ici comment ils sont parvenus à s’assurer des revenus réguliers qui rentrent tout seuls et viennent compléter les revenus issus de leurs prestations.

Sébastien est consultant SEO depuis 12 ans, à son compte depuis 7 ans. À côté de ses prestations de conseil en webmarketing et référencement, il a créé et repris des sites de contenus sur lesquels il vend de l’espace publicitaire. Il était encore salarié lorsqu’il a lancé son premier site et cela fait bientôt 10 ans qu’il pilote cette activité de vente d’espace publicitaire à côté de son activité de consultant SEO. C’est en s’appuyant sur les revenus réguliers générés par ses sites de contenus qu’il a pu se lancer en freelance sereinement.

J’ai commencé par regarder les thématiques ayant un bon potentiel en terme de référencement puis j’ai utilisé mon savoir-faire (Google Adsense, affiliation, référencement naturel…) pour faire monter mes sites jusqu’au point où ils pourraient générer des revenus publicitaires. Ça a rapidement généré quelques centaines d’euros par mois. À partir de 2012, ça a vraiment décollé et ça a fini par générer entre 50k€ et 70k€ par an. Quand je me suis lancé en freelance début 2012, les revenus issus de mes sites publicitaires représentaient jusqu’à 70% de mon revenu total. Ces revenus m’ont même permis de faire un tour du monde avec ma femme. Puis le rapport entre les revenus publicitaires et les revenus de conseil s’est inversé, la part de ceux-là représentant aujourd’hui à 30% de mon revenu total soit entre 30k€ et 50k€ par an.

Pour Julia, les choses se sont faites dans l’autre sens : elle a d’abord réalisé des prestations de social media manager pour des clients, puis elle s’est mise à partager ce qu’elle avait appris sur son métier et sur la gestion d’un business en freelance via son blog, I don’t think, I feel. Ensuite, est venue l’idée de rassembler certaines de ses connaissances dans des formations en ligne. Elle propose aujourd’hui plusieurs formations. Une formation Gérer son business avec Trello qui est déjà un classique avec plus de 200 ventes et, aujourd’hui, une moyenne de 2 ventes par jour (à 49€ HT la formation) et une formation Pinterest Secret Sauce (guide complet pour faire de Pinterest un levier d’acquisition pour son business). Cette dernière, vendue 347€ HT, a déjà été achetée par 40 personnes. Elle propose aussi un Backpack du Freelance (45€ HT), rassemblant l’essentiel des infos nécessaires au lancement d’une micro-entreprise.

J’ai cherché à savoir ce qui avait poussé Julia à mettre ces formations sur pied. J’étais un peu frustrée de ne faire que des articles de blogs, je voulais transmettre plus, j’avais déjà fait des petit workbooks gratuits, les retours enthousiastes des utilisateurs, m’ont inciter à aller plus loin, j’ai alors créé des formation complètes que je me suis mise à vendre en ligne. Je me suis lancé dans cette activité de formation comme je me suis lancée dans tous mes projets : par passion. Je suis heureuse de voir, qu’une fois encore, cela paie !

On parle volontiers de revenus passifs, mais ces revenus nécessitent quand même du travail, peux-tu nous donner une idée du temps que tu y consacres ?

Sébastien : Il y a le temps consacré à l’entretien des sites existants. Celui-ci est aujourd’hui assez faible : entre une demie-journée et une journée par mois. Mais il faut aussi prendre en compte tout le temps passé pour la mise sur orbite de ces sites. Et, ce n’est pas seulement un investissement en temps, j’ai aussi racheté certains sites qui me paraissaient avoir un potentiel sous-exploité (comme Calculer.com, ou, plus récemment, Mathforu). Dans le cas d’une création ex-nihilo comme dans celui d’un rachat, il y pas mal de boulot de design, de développement, de référencement… Je touche un peu à tout, mais, dans la mesure du possible, je m’appuie sur d’autres freelances pour les tâches qui ne sont pas mon cœur de métier. Difficile de vous dire combien de temps je passe en moyenne pour le lancement de mes sites, car cela varie beaucoup d’un projet à l’autre.

Difficile aussi pour Julia de savoir précisément le temps qu’elle a passé sur la création et la vente de ses formations. Sur la formation Trello, il y a eu de nombreuses itérations, je reviens dessus régulièrement pour la mettre à jour et la compléter. Pour la formation Pinterest, qui est une formation particulièrement poussée, Julia estime avoir consacré un minimum de 3h par jour entre avril et août 2018… Ce qui représente autour de 300 heures de travail ! Et, là encore, il faut revenir dessus régulièrement pour rester à la pointe. Un nouveau chapitre constitué de 3 vidéos est venu compléter l’existant en décembre dernier.

“Au-delà de l’investissement en temps, il faut aussi investir des euros dans des logiciels, des templates et des dispositifs variés, sans oublier le budget promotionnel à consacrer à chaque formation…” Tout cela mis bout à bout représente un investissement considérable, et, au moment de créer ses formations, Julia ignorait si elles allaient se vendre. En fait, je ne me suis pas vraiment posé la question, j’avais juste envie de le faire, alors j’y suis allé à fond” me confesse-t-elle à la fin de notre conversation. “Aujourd’hui, c’est un actif, que j’essaie de valoriser au mieux” conclue-t-elle.

Y a-t-il des synergies entre cette activité et ton job de prestataire de service ?

Pour Sébastien, c’est clair : “Je me suis fait la main sur mes sites, ce qui m’a permis d’apprendre plein de choses. Cela a naturellement renforcé ma crédibilité auprès de mes clients. La performance de mes sites de contenu est la meilleure preuve de ma capacité à valoriser les sites de mes clients.”

Julia le confirme. Elle reçoit aujourd’hui de nombreux appels entrants de clients potentiels qui souhaitent être accompagnés sur Pinterest. Elle précise quand même : “Pour que vos formations soient source de leads, il faut absolument que celles-ci soient de très bonnes qualités, et, pour cela, il faut y consacrer beaucoup de temps et d’énergie.”

Moralité : gagner de l’argent sans rien faire, c’est possible, mais, pour cela, il faut d’abord travailler…

Photo de couverture Alan Bishop
Photo #2 Resa Cahya

Antoine van den Broek
Rédacteur en chef d’Amédée

Indépendant, frère-fondateur de Mutinerie, penseur, acteur et témoin des nouvelles formes de travail, passionné par le développement de communautés, j’aime faire des rencontres et raconter des histoires, deux activités auxquelles je peux me livrer par la grâce d’Amédée

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