Futurs freelances, comment préparer votre sortie du salariat ?7 minutes de lecture

Vous êtes salarié et vous avez décidé de devenir freelance : quelles sont les étapes à suivre pour bien gérer cette transition ?

Ça y est, après mûre réflexion, vous avez décidé de vous lancer dans le bain du travail indépendant. Vous avez fait un bilan de votre carrière jusqu’ici, passé un entretien d’embauche avec vous-même, et vous savez que devenir freelance est la bonne prochaine étape pour vous. Mais comment s’y prendre, concrètement ? Amédée vous donne quelques conseils pour bien préparer votre sortie du salariat.

DÉTERMINER LE BON MOMENT

D’abord, il vous faudra décider à quel moment vous lancer. C’est généralement une combinaison de plusieurs facteurs. Côté salariat, vous approchez peut-être de la fin d’un gros projet, ou de la période des bilans de fin d’année, ou d’une opportunité de mobilité dont vous ne voulez pas. Côté individuel, vous avez réussi à constituer un réseau solide sur lequel vous pourrez vous appuyer, vous avez un peu d’épargne de côté et vous vous sentez compétent et prêt.

Toutes ces conditions ne doivent pas nécessairement être réunies en même temps, mais elles sont un signe que c’est le bon moment, celui auquel vous vous lancerez pour les bonnes raisons (et pas simplement pour fuir le salariat à toutes jambes) et suffisamment armé. S’il vous manque une corde à votre arc (un peu d’épargne ou une compétence importante par exemple), vous pouvez quand même vous lancer, mais vous pouvez aussi prendre le temps de renforcer cet aspect de votre situation.

CHOISIR LE BON MODE DE SÉPARATION

En attendant d’être tout à fait prêt, il est par exemple possible de commencer son activité indépendante en parallèle d’un emploi salarié (vous pouvez d’ailleurs faire une demande de temps partiel). Cela permet de se tester, et de commencer à fournir son carnet de commandes avant la sortie totale du salariat. Il faudra ensuite déterminer avec votre entreprise le bon mode de séparation. Auparavant, pour pouvoir bénéficier des allocations chômage pendant que l’on montait son activité, il fallait négocier une rupture conventionnelle. Mais la création d’entreprise et, depuis début novembre 2019, la reconversion peuvent être considérées comme des causes de “démission légitime”, qui ouvrent le droit aux indemnités chômage

Enfin, vous pouvez peut-être négocier avec votre société un congé pour création d’entreprise : il vous faudra justifier de 24 mois d’ancienneté et envoyer une demande de congé deux mois avant la date de départ souhaitée, en précisant quelle activité vous souhaitez créer. L’employeur doit vous répondre dans les 30 jours. Le congé pour création d’entreprise, en l’absence de convention ou d’accord collectif d’entreprise, est d’un an.

Vous pouvez également proposer à votre entreprise de devenir l’un de ses prestataires. Certaines pourraient rechigner, car faire travailler l’un de ses anciens salariés en tant que prestataire peut être soupçonné par l’Urssaf d’être du salariat déguisé. Mais si vous avez d’autres clients et que votre ancien employeur ne vous impose pas d’horaires et de consignes, tout se passera bien.

METTRE EN PLACE SA STRATÉGIE DE SORTIE

En fonction du mode de séparation convenu avec votre employeur, vous aurez un préavis plus ou moins long pour préparer votre sortie. C’est une période pendant laquelle vous assurerez votre “succession” au sein de l’entreprise : une étape qu’on recommande de ne pas bâcler si vous voulez garder de bonnes relations avec votre employeur.

C’est aussi le moment de planifier ce qui se passera dès que vous aurez quitté la boîte : est-ce que vous partez en formation ? Avez-vous déjà sécurisé une ou deux commandes pour votre premier mois ? Savez-vous déjà comment vous allez faire grandir votre réseau (plateformes de freelances, espaces de coworking, événements dédiés, etc.) ? Sans rogner sur le temps de travail que vous devez à votre entreprise, bien sûr, prenez le temps à la fois de stratégiser et de planifier des détails quotidiens, comme vos horaires et votre lieu de travail ou vos premiers déjeuners professionnels en tant que free.

Au moment de quitter votre entreprise et d’envoyer votre sacro-saint mail de départ, faites aussi savoir à votre réseau élargi que vous vous lancez à votre compte et indiquez-leur où vous trouver.

IDENTIFIER LES AIDES AUXQUELLES VOUS AVEZ DROIT

On a déjà dit qu’une rupture conventionnelle ou, dans certaines conditions, une démission peut vous ouvrir les droits au chômage tandis que vous créez votre activité. Les chômeurs peuvent également bénéficier de l’Aide à la création ou à la reprise d’entreprises (ACRE, anciennement ACCRE), qui les exonère d’une partie de leurs charges sociales en début d’activité.

Les travailleurs indépendants peuvent aussi bénéficier du RSA : il faut pour cela résider en France, ne pas employer de salariés, ne pas dépasser le seuil de chiffres d’affaires de la micro-entreprise et ne pas bénéficier de ressources suffisantes.

Pour faire financer une formation en vue d’une reconversion, vous pouvez utiliser votre compte personnel de formation (CPF), qui n’est plus rattaché à un emploi mais à votre personne tout au long de votre carrière. En tant que demandeur d’emploi, il est possible de demander auprès de Pôle Emploi une aide individuelle à la formation (AIF) en complément de votre CPF. Enfin, l’allocation d’aide au retour à l’emploi formation (AREF) permet aux demandeurs d’emploi indemnisés de suivre une formation. Renseignez-vous aussi sur ce que proposent vos collectivités territoriales : en France, les régions sont les deuxièmes financeurs de formation, après les entreprises.

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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