Lancer un side-project en freelance à côté de son activité salariée7 minutes de lecture

Les freelances sont très nombreux à exercer leur activité indépendante en parallèle d’un métier salarié. Et si, au lieu d’envoyer valser votre CDI, le side-project en freelance était la solution qu’il vous faut ?

Pourquoi lancer un “side project” ?

Les (bonnes) raisons de lancer un projet à côté de son activité salariée sont nombreuses : pour tâter le terrain avant de devenir freelance à 100%, pour capitaliser sur une compétence ou un talent qui ne sont pas exploités dans l’activité principale, pour varier les plaisirs, pour faire une première étape moins risquée avant de monter sa boîte, etc. L’énorme avantage de cette double casquette, c’est que vous conservez la stabilité de l’emploi salarié (toujours un argument de poids face aux banques et aux propriétaires d’appartements) tout en pouvant explorer de nouvelles voies. Vous serez peut-être plus en mesure de choisir des projets en free qui vous passionnent, et de dire non à ceux dont vous n’avez pas besoin pour payer le loyer.

En réalité, la majorité des freelances travaillent selon ce modèle : selon une étude menée en 2016 par le cabinet de conseil McKinsey auprès de 8 000 travailleurs indépendants aux États-Unis et en Europe, 56% des freelances exercent leur activité en complément de revenu. Certains parce qu’ils n’ont pas le choix (16% des personnes interrogés), d’autres par envie (40%).

Les problématiques légales et éthiques du side project

Il faut d’abord vous assurer que vous avez le droit de lancer une activité indépendante dans le domaine qui vous intéresse. La loi autorise le cumul d’activité, mais n’oubliez pas de considérer les réglementations sur la concurrence ou les clauses d’exclusivité éventuelles de votre contrat de travail. Il vous faudra peut-être négocier avec votre patron. Attention également au nombre d’heures travaillées : par exemple, si vous cumulez un CDI et un portage salarial, il s’agit en réalité de deux CDI et vous pouvez dépasser le nombre maximum d’heures de travail autorisées. Mais comme nous le rappelions dans cet article, vous avez tout à fait le droit de faire une demande de temps partiel pour création ou reprise d’entreprise.

Reste qu’en tant que salarié, vous avez une obligation de loyauté envers votre employeur, qui se traduit dans un cadre éthique : vous ne pouvez pas bosser en freelance sur les heures de travail salariées, ni utiliser le matériel de l’entreprise pour votre compte, ni piquer ses clients, ni divulguer des informations confidentielles sur l’entreprise. Vous ne pouvez pas non plus réaliser de missions en free pour votre employeur. Attention donc à garder vos deux activités bien séparées.

Définir son activité principale

Si vous cumulez deux activités, il vous faudra définir quelle est votre activité principale — c’est notamment de son régime social que dépend le remboursement de vos frais de santé. (Attention, vous cotiserez quand même aux deux régimes, mais la sécurité sociale de votre activité secondaire sera inactive.) Pour que votre métier salarié soit considéré comme votre activité principale, il vous faudra travailler au moins 12 000 heures par an en tant que salarié, c’est-à-dire 8 mois sur 12. Par ailleurs, vos revenus dans cet emploi doivent rester égaux ou supérieurs à ceux que vous dégagez en tant que freelance.

Faire ses démarches administratives

Choisissez ensuite votre statut en fonction de votre domaine d’activité et du chiffre d’affaires escompté (micro-entrepreneur, SASU, EURL, artiste-auteur, etc.). À moins d’être un artiste-auteur affilié à la maison des artistes, vous avez peut-être intérêt à créer un statut de micro-entrepreneur pour démarrer : le plafond pour les prestations de service est de 70 000€, il y a de quoi faire.

Comme le rappelle Maddyness, les formalités administratives ne sont pas si compliquées que ça : il vous faudra créer votre statut auprès de l’Urssaf, souscrire à la sécurité sociale des indépendants et éventuellement à une mutuelle, et créer votre compte sur Net-Entreprises pour déclarer vos charges sociales tous les mois ou tous les trimestres.

Et voilà, vous êtes prêt à vous lancer ! Et si désormais la question de l’équilibre entre votre side project, votre vie professionnelle et votre vie privée vous taraude, la bonne nouvelle c’est qu’on a plein de ressources pour vous.

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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