L’équilibre vie professionnelle-vie privée quand on est digital nomad7 minutes de lecture

Trouver l’équilibre entre son travail et sa vie privée, c’est un défi pour tout le monde, mais c’est un peu particulier quand on est un freelance sur la route. Amédée donne ses conseils aux digital nomads pour y parvenir.

Il y a tout pile un an, on vous donnait nos conseils pour se lancer dans le digital nomadisme l’esprit léger : bien choisir sa destination, penser au décalage horaire et aux connexions WiFi, communiquer de manière aussi précise et fluide que possible avec les clients… Cette fois, nous avions envie d’approfondir un point un peu moins pratico-pratique, mais tout aussi important : la question de l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle quand on voyage. Car oui, ce n’est pas parce qu’on est en expédition dans les Andes ou les pieds dans l’eau en Indonésie que le stress du travail ou la solitude du freelance nous épargnent miraculeusement. Et maintenir l’équilibre entre la rigueur professionnelle et l’attrait de l’aventure est peut-être encore un peu moins évident que quand on travaille de chez soi ou dans un espace de coworking. Voici donc nos conseils pour profiter pleinement de votre voyage sans passer à côté de votre travail.

PRÉPARER LE TERRAIN AVEC VOS CLIENTS

D’abord, pour éviter tout stress avec vos clients, soyez clair et précis sur vos conditions de voyage, surtout s’ils ont l’habitude de vous avoir “à portée de main” : avant de partir, indiquez-leur le nombre d’heures de décalage horaire, les plages de temps auxquelles vous êtes joignable et disponible, où vous joindre, les moments où vous ne travaillerez pas pas, etc. Cela vous permettra à la fois de les rassurer — ce n’est pas parce que vous êtes loin que vous n’êtes pas impliqué — et de poser vos limites. Vous êtes freelance, pas salarié, et c’est à vous de fixer des deadlines réalistes et de ne pas laisser le travail bouffer votre voyage et votre vie.

Cela implique aussi d’établir vos priorités. Comme on l’écrivait l’année dernière, ça peut paraître évident, mais voyager et travailler en même temps implique que vous ne pourrez pas faire les deux à 100%. Décidez de ce qui est le plus important pour vous : faites savoir à quelles réunions et décisions vous voulez être associé et lesquelles peuvent avoir lieu sans vous, et déterminez quels lieux et activités vous ne voulez pas absolument pas rater, et lesquels seront pour vos prochaines vacances.

PLANIFIER LE TRAVAIL… ET ÊTRE FLEXIBLE SUR LE VOYAGE

Dans la mesure du possible, planifiez à l’avance votre travail, pour organiser votre voyage autour des impondérables. C’est ce que conseille One Bag Nomad : N’essayez pas de tout faire en même temps en espérant que ça marche. Assurez-vous que vos obligations professionnelles sont planifiées de manière à ne pas entrer en conflit avec votre voyage.” Si vous avez une grosse deadline, faites en sorte d’être dans un endroit où vous pourrez travailler au calme avec une connexion fiable. Quand j’ai passé trois mois au Pérou, j’avais prévu une semaine entière dans un Airbnb d’Arequipa parce que je savais que j’aurais énormément de travail à ce moment-là. À l’inverse, si vous avez quelques jours de travail moins soutenu en ligne de mire, c’est là que vous pouvez prévoir des longs déplacements ou des excursions. 

Attention, cela ne signifie pas qu’il faille planifier le moindre de vos trajets à l’avance, bien au contraire. Laissez-vous de la marge de manoeuvre et de la flexibilité. Le conseil le plus universellement donné par les digital nomades, c’est “travel slow” : la freelance Kelly Dunning, dans un article pour Global Goose, explique qu’elle a tendance à réserver une nuit dans une auberge de jeunesse et à prolonger son séjour chaque matin. Même sans être aussi spontané, il est important de prévoir quelques jours de battement dans chacune de vos destinations pour parer aux imprévus professionnels. Voyager lentement, ça veut aussi dire sortir de la course à l’efficacité à laquelle les touristes sont un peu forcés : si vous avez un mois devant vous quelque part, vous pouvez à la fois travailler sereinement et avoir le temps d’explorer le lieu. Cela vous évitera d’en partir en ayant l’impression de n’en avoir rien vu.

Ceci étant dit, n’oubliez pas que réserver des bus, des trains ou des avions et trouver un endroit où se loger, ça prend du temps. C’est une chose que j’ai eu tendance à sous-estimer pendant mes expériences de digital nomadisme : je me retrouvais à booker ma prochaine étape entre deux tâches de boulot, sans avoir le temps de bien choisir les endroits que je voulais explorer. De temps en temps, bloquez-vous une demi-journée pour faire vos prochaines réservations : ça prend du temps, et il faut le planifier comme tout le reste.

NE PAS JETER LA ROUTINE AVEC L’EAU DU BAIN

Partir sur la route, c’est abandonner le métro-boulot-dodo, mais ça ne veut pas dire que toute routine est bonne à jeter. Kelly Dunning explique que pour elle, le pendant de “travel slow”, c’est “work fast” : travailler vite et de manière efficace pour garder le maximum de temps possible pour les découvertes. Et pour bosser vite et bien, rien de tel qu’une vraie routine de travail — mais ça, si vous êtes freelance, vous le savez déjà. Ne perdez donc pas les bonnes habitudes acquises à la maison : levez-vous tôt, travaillez tous les jours plus ou moins aux mêmes heures, utilisez un minuteur et un outil de suivi de vos projets en cours, tenez une to-do list pour ne pas vous interrompre tout le temps… Vous pouvez aussi reprendre nos conseils pour bien gérer votre temps. Bref, tout ce qui vous aide à être efficace dans votre bureau ou au coworking au coin de la rue, ça marche dans une auberge de jeunesse bolivienne aussi. Et ça vous évitera de perdre trop de temps au travail alors que le monde vous attend.

PRENDRE DES (VRAIES) VACANCES

Le piège de la “workation”, comme son nom l’indique d’ailleurs, c’est qu’il est facile de l’assimiler à des vacances plus ou moins colonisées par le travail. Quiconque a déjà fait l’expérience du digital nomadisme s’est d’ailleurs probablement retrouvé confronté à des réactions de ce genre : “C’était bien les vacances ?”, “Quelle chance de pouvoir arrêter de travailler pendant trois mois”, etc. Quand je les entendais, ces réflexions parfois m’agaçaient et je mettais un point d’honneur à expliquer que je n’avais pu prendre de vacances (c’est-à-dire m’arrêter complètement de travailler) qu’une semaine sur mes trois mois de voyage. Non pas qu’il faille se vanter de ne pas faire de pause, bien au contraire. N’oubliez pas que voyager et se reposer, ce n’est pas la même chose. Et que l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, ça veut aussi dire que, de temps en temps, il faut s’arrêter. 

Et comme dans la “vraie vie” de freelance, prendre des vacances, ça se prépare. Comme on vous le conseillait ici, essayez de prévoir votre pause à l’avance et faites rentrer un ou deux projets de plus pour pouvoir financer ces congés. Prévoyez du travail à votre retour pour pouvoir refaire votre trésorerie. Prévenez vos clients de votre départ, faites un message “out-of-office” pour votre boîte mail, et déconnectez ! 

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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