Travailler avec ses proches quand on est freelance : vraie ou fausse bonne idée ?6 minutes de lecture

Pour de nombreux freelances, travailler avec des amis ou des membres de sa famille peut être un bon moyen de mettre le pied à l’étrier. Attention toutefois à le faire pour de bonnes raisons.

C’est un conseil qui revient souvent pour ceux qui veulent se lancer en freelance : commencer par activer son réseau, à la fois professionnel et plus personnel. Un oncle qui commande une illustration, un pote qui a besoin d’un dev pour son site, une belle-soeur qui cherche quelqu’un pour écrire des articles pour sa boîte : les opportunités peuvent souvent passer par des proches. Mais est-ce une si bonne idée de travailler avec des gens que l’on connaît ? Amédée récapitule les bonnes questions à se poser avant de bosser avec beau-papa ou sa meilleure pote de lycée.

TRAITER SON PROCHE COMME UN CLIENT

La première question quand on travaille en famille ou entre amis, c’est celle du prix. Si vous débutez, votre proche peut vouloir vous proposer un tarif assez faible. À l’inverse, si vous pensez le dépanner, vous serez peut-être tenté de le faire pour pas cher. Évidemment, les prix d’amis ça a du bon ; mais ils doivent rester adaptés au travail fourni. Si vous êtes sous-payé, vous ne serez peut-être pas très motivé pour rendre un bon travail ou pour l’effectuer dans les temps, parce qu’il y aura toujours des urgences plus lucratives. Vous vendez votre temps et vos compétences : soyez très clair avec vous-même et avec votre proche sur la rétribution minimum que vous en attendez. Et si vous ne vous sentez pas encore très en confiance sur votre expertise, il peut être plus approprié de faire vos armes avec des clients que vous ne connaissez pas.

À cet aspect financier s’ajoute celui, déjà bien épineux avec un client lambda, de la gestion du temps. On vous donnait ici des conseils pour faire respecter vos horaires de travail et vos process ; mais s’il est possible de donner à son client un rétroplanning, puis de s’organiser comme on le souhaite, ça devient plus compliqué quand on se voit en-dehors du boulot. La perspective de croiser votre beau-frère au déjeuner dominical sans lui avoir envoyé le devis qu’il attend pourrait vous pousser à le faire la veille, même si vous vous étiez juré de ne pas travailler le week-end. Et puis parler boutique en permanence, ce n’est pas génial pour l’équilibre vie professionnelle-vie privée. À vous de voir quels ajustements en valent la peine, et à quels moments vous devez affirmer votre droit à gérer vous-même votre temps.

ÊTRE HONNÊTES SUR VOTRE COMPATIBILITÉ

On entend aussi souvent que ce qui est génial en tant que freelance, c’est que l’on peut bosser avec des gens que l’on a choisis et avec qui l’on s’entend bien. C’est évidemment un immense atout par rapport à la vie salariée, où l’on ne choisit pas ses collègues : comme on l’écrivait ailleurs, en tant que free, on peut “tester une multitude de collaborateurs”, ce qui permet de “rencontrer celles et ceux qui nous conviennent”. On peut bien sûr devenir amis avec ces géniaux partenaires de travail, mais l’inverse n’est pas toujours vrai : ce n’est pas parce qu’on s’entend super bien dans la vie qu’on aura une bonne synergie de travail. Avant de travailler avec un ami, c’est une bonne idée de s’interroger sur vos personnalités et habitudes de travail respectives, et d’être honnête sur votre compatibilité.

Car si ça se passe mal, vous courez le risque d’abîmer une amitié ou une relation familiale. Si l’un de vous se montre peu fiable, ou dur en affaires, ou pointilleux à outrance, cela peut colorer le reste de vos relations sous un jour désagréable, voire changer la vision que vous avez de l’autre.

ÉLARGIR SES HORIZONS

Et puis, même si travailler avec vos proches se passe le mieux du monde, il y a toujours un risque à se contenter de ce que l’on connaît déjà. En ne bossant qu’avec des gens qui sont déjà dans votre vie, vous pouvez passer à côté de talents, d’expertises, de visions du monde qui n’existent pas dans votre réseau. L’entre-soi, à la longue, peut devenir lassant pour vous et stérile intellectuellement ou créativement.

Alors bien entendu, si vous avez sous le coude une personne avec les bonnes compétences, une approche compatible avec la vôtre et que vous vous entendez bien, ce serait dommage de s’en passer. Mais vous seriez bien avisé de commencer par collaborer sur des missions ponctuelles, avant de savoir si vous avez envie de vous engager dans une relation professionnelle sur le plus long terme. C’est aussi la flexibilité que permet le travail en freelance : rien n’est pour toujours, et c’est souvent mieux comme ça.

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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