Amédée et l’entreprise

Mars 2018

L’entreprise, Amédée la connaît. Il l’a connue comme salarié à la grande époque de la Genius Corp, il la fréquente aujourd’hui au gré de ses missions freelance. L’entreprise ou plutôt les entreprises : startups, PME, grands groupes, agences… chacune avec ses opportunités et ses difficultés.

Nos chers clients

Amédée s’était d’abord naturellement tourné vers les startups. Il fréquentait les startupers quotidiennement dans son espace de coworking, ils avaient plus ou moins le même âge, les mêmes références, le même “background”… Travailler ensemble allait de soi. Mais, derrière cette apparente camaraderie, Amédée découvrit aussi un certain nombre de pièges : les missions qui ne cessaient de changer de forme, les horaires à rallonge, les délais ultra tendus et les paiements erratiques. Cet univers était excitant, mais la collaboration n’était pas toujours rose.

Avec les grands groupes, c’était une autre aventure… Le premier contact ne se faisait pas au bar du coworking. Amédée avait dû partir en chasse, remonter les fils de ses réseaux jusqu’aux décideurs et décideuses de ces vénérables institutions. Il avait fallu les rassurer, les séduire, négocier, puis remplir d’étranges formulaires et attendre 90 jours pour être payé. De gros chantiers et de gros moyens, mais aussi l’impression de ne pas parler la même langue, les circonvolutions politiques et les compromis boiteux.

Amédée s’était aussi intéressé aux PME. Ces entreprises de tailles moyennes lui semblaient être un bon match pour un freelance. Elles n’avaient pas forcément les moyens de faire appel à un cabinet de conseil ou à une agence, mais elles en avaient suffisamment pour faire appel à un bon freelance. Elles avaient besoin de graphistes, de développeurs, de photographes, d’experts en référencement, en e-commerce, en social media… Si cette union semblait fructueuse, Amédée constata aussi qu’elle était pour le moins rare. Les freelances et les PME se croisaient très peu et il était difficile de signer quoi que ce soit sans l’accord du patron, toujours débordé et jamais disponible.

Il restait les agences. Elles étaient venues d’elles-mêmes vers Amédée. Dès qu’elles avaient un vœu à réaliser, elle faisait appel à cet expert reconnu. Dans l’ensemble, ça se passait plutôt bien, mais Amédée avait parfois l’impression d’être le dindon de la farce quand il apprenait combien le client avait été facturé par rapport à ce que lui percevait sur la mission.

Unions libres

Chaque client avait ses bons et moins bons côtés, mais Amédée restait libre. Si un client s’avérait particulièrement pénible, il ne travaillerait plus avec lui, voilà tout. Contrairement aux salariés, il n’avait pas à subir pendant des années l’influence toxique de collaborateurs imposés. Il n’avait pas à s’engager au-delà de ses missions, il pouvait tester et choisir en connaissance de cause avec qui et comment il voulait travailler.

Amédée avait même vu des freelances se faire embaucher par leur client. Cela arrivait plus souvent que l’on pouvait le croire. En réalité, rien n’était définitif, ni dans la condition de freelance, ni dans celle de salarié. Les individus passaient d’un monde à l’autre à la faveur des circonstances. L’entreprise elle-même était en train de changer. Ses contours étaient plus flous, ses liens plus nombreux et ses murs plus ouverts…

Antoine van den Broek
Rédacteur en chef d’Amédée

Indépendant, frère-fondateur de Mutinerie, penseur, acteur et témoin des nouvelles formes de travail, passionné par le développement de communautés, j’aime faire des rencontres et raconter des histoires, deux activités auxquelles je peux me livrer par la grâce d’Amédée

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