Être graphiste freelance

Le guide pratique du graphiste : Amédée vous explique comment se former, développer ses compétences, trouver ses clients et ne jamais cesser d’apprendre !

LA FORMATION

“En graphisme, c’est indispensable de suivre une formation. Il faut avoir des connaissances en typographie, en couleurs, en mise en pages, en ortho-typo… Il y a des règles très strictes à respecter”, explique Morgane Parma, diplômée en illustration de Camberwell en Angleterre. Elle est d’abord passée par l’Institut supérieur des arts appliqués (LISAA), puis par les Ateliers de Sèvres. Plusieurs des ses amis ont poursuivi leur cursus supérieur à LISAA pour y étudier le graphisme. D’autres ont choisi l’École professionnelle supérieure d’arts graphiques (EPSAA) ou l’école des Gobelins.

LES COMPÉTENCES À MAÎTRISER

Rayon compétences techniques, il faut maîtriser les outils de la suite Adobe (Photoshop, InDesign, Illustrator, After Effects, etc.), comprendre la typographie (savoir reconnaître les différents types, savoir à quel type d’entreprises ils vont s’adapter), savoir utiliser la couleur, etc. Ensuite, en fonction du secteur choisi (print, identité visuelle, site web, etc.), les compétences varient.

Mais comme pour tout freelance, “il faut aussi être commercial, comptable, secrétaire, savoir démarcher des clients, sortir les devis à l’heure”, énumère Morgane Parma. “Ça n’est pas donné à tout le monde, surtout quand on démarre et qu’on n’a pas été formé à ça.” Il n’est donc pas superflu, avant de se lancer, de prendre le temps de bien comprendre les à-côtés du métier, et ne pas hésiter à bien s’entourer. “Aujourd’hui, j’ai une comptable spécialisée dans les freelances affiliés à la Maison des artistes et je pense que c’est indispensable. Je ne m’en sortais pas, je faisais plein d’erreurs, et maintenant j’ai trouvé une stabilité financière que je n’avais jamais eue.” L’ouvrage de Julien Moya, Profession Graphiste Indépendant, regorge de conseils pour vous aider à bien gérer les différentes dimensions de votre profession.

TROUVER SES CLIENTS

Quand on démarre et qu’on n’a pas vraiment de réseau, des plateformes comme Malt peuvent aider. Mais en réalité, c’est surtout le bouche-à-oreille qui fonctionne. Pour Morgane Parma, les premiers clients sont arrivés par l’intermédiaire de Mutinerie, l’espace de coworking dans lequel elle allait travailler. “J’étais la seule graphiste, ils venaient me voir dès qu’ils avaient un besoin. Aujourd’hui encore, mon réseau est construit à 80% sur des gens rencontrés à Mutinerie.” Elle enseigne aussi à des professionnels en reconversion et des étudiants en alternance, dont les entreprises ou les start-ups la sollicitent régulièrement. “Aujourd’hui on met beaucoup d’espoirs dans les plateformes et la tech, et on oublie de donner de l’importance à la vraie relation humaine. Moi, c’est comme ça que je trouve mes clients.”

LES OUTILS DU QUOTIDIEN

Au-delà des outils spécifiques aux graphistes comme la suite Adobe évoquée plus haut, il peut être bien de s’équiper pour faciliter la collaboration avec ses clients : Trello, Slack, Google Drive et Dropbox sont des grands classiques qui ont fait leurs preuves (on vous conseille d’agréger tout ça dans la géniale application Station, qui centralise tous les outils au même endroit pour ne plus avoir à naviguer entre des dizaines d’onglets et d’apps ouverts en même temps). Pour booster sa productivité et faciliter la facturation, Morgane recommande le plugin TimeCamp, qui permet de précisément mesurer le temps passé sur chaque projet. Dans le même esprit, l’application Toggl, vous aidera à mieux gérer et facturer votre temps. Et pour la gestion administrative et financière, jetez un œil à l’appli Freelancer qui dispose d’options spécialement développées pour les freelances affiliés à la MDA ou à l’Agessa (gestion du précompte, de la contribution diffuseur et des certificats de précompte…).

TROUVER DU TRAVAIL, DU SOUTIEN, DES CONSEILS

Il existe aujourd’hui beaucoup de communautés de freelances (Digital Village, Graphipro, l’Atelier collectif…) dont certaines gravitent autour d’espaces de coworking — on l’aura compris, le conseil n°1 de Morgane Parma. Ne pas travailler de chez soi, ça veut dire trouver des clients plus facilement, mieux séparer son travail du reste de sa vie, et puis, simplement, se sentir moins seul. “J’ai complété mon apprentissage avec pas mal de bouquins, en allant à des événements, en discutant avec plein de freelances. J’ai découvert les ficelles et les erreurs à ne pas faire, j’ai été très bien conseillée grâce à cet environnement.”

Philothée Gaymard
Journaliste indépendante

Je suis journaliste et rédactrice freelance depuis tout début 2015, après quatre ans passés chez Usbek & Rica. J’écris sur le genre, l’innovation, le développement durable et parfois un mélange de tout ça.

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