Être développeur web freelance

Le guide pratique du développeur web indépendant : Amédée vous explique comment se former, développer ses compétences, trouver ses clients et ne jamais cesser d’apprendre !

Les compétences à maîtriser

Artisans du code, les développeurs (dev) web conçoivent les logiciels, applications, sites web et systèmes informatifs. Leur défi quotidien, à l’orée de deux mondes : traduire les besoins réels de leurs clients en instructions automatisées pour les machines.

Un « bon développeur freelance » a d’abord la maîtrise technique de son ou ses langages de programmation (Java, PHP, Python, Ruby…) et sait actualiser ses connaissances. Mais ce sont ses soft skills qui font la différence. Comme le rappelle Alexandre Bourlier, co-fondateur et président d’Happy Dev, un réseau de développeurs freelance : « Mieux vaut un dev qui ne code pas parfaitement qu’un dev qui ne communique pas parfaitement ».

Les bons dev, Damien Cavaillès, co-fondateur de WeLoveDevs, les repère en un clin d’œil quand il les voit à l’œuvre. « Ils ont une bonne capacité de concentration : il faut aimer se plonger dans le code pendant plusieurs heures d’affilée. Cela demande aussi pas mal de flexibilité et de plasticité. Côté soft skills, ils savent communiquer et collaborer. Tu as beau avoir le savoir-faire technique, si tu n’as pas le savoir-être, tu ne passes pas. »

La formation

Comment se former à ce métier, aux multiples niveaux de complexité, de seniorité et de postures ? Pour Alexandre Bourlier, « les meilleures formations restent celles des écoles d’ingénieurs en informatique (comme l’Epita ou l’Epitech) ou des universités, car elles prennent le temps de rentrer dans le détail du fonctionnement des machines. Elles donnent un bagage plus large que les formations courtes, qui fait la différence dans la manière de résoudre les problèmes des clients. »

À côté de ces formations académiques ont fleuri des écoles du code d’un genre nouveau. 42 s’est taillé une belle réputation, car les devs qui réussissent à finir la formation sont ceux qui ont vraiment les reins (et les nerfs !) solides. Le Wagon a aussi de bons résultats, grâce à des sessions intensives, et à un solide esprit de groupe. Il faut compter entre 5500€ et 6900€ (en fonction de la ville) pour la formation phare, le bootcamp de 9 semaines. À noter que cette formation peut-être financée par votre OPCA et que de nombreuses ressources gratuites sont aussi accessibles. Si vous ne pouvez pas vous permettre une telle dépense, vous serez sans doute intéressés pas Simplon.co, la fabrique sociale de codeurs, qui fait un remarquable travail de démocratisation de la formation de devs.

Si vous n’avez pas de problème de motivation, vous pouvez aussi apprendre sur le tas, car la plupart des ressources nécessaires pour se former sonts disponibles en ligne, sur des plateformes de cours à distance comme OpenClassrooms ou la Khan Academy. C’est aussi en ligne que vous trouverez tout ce qu’il faut pour approfondir votre compréhension et votre pratique de chacun des langages.

Les outils de travail

Le dev a une boite à outils qu’il passe son temps à peaufiner. Il a d’abord besoin d’un éditeur de textes (Vim, Sublime Text, PhpStorm…), dont il peut booster les fonctionnalités grâce à un environnement de développement intégré (IDE). Il doit ensuite maîtriser son ou ses frameworks (WordPress, Angular, React, Symphony…), c’est-à-dire tout ce qu’il faut pour construire une application.

Il peut commencer à coder. Mais pour ne pas se perdre dans les méandres de son code, il a besoin d’un outil de gestion des tâches (surtout, s’il travaille en équipes) ainsi que d’un outil de versioning, qui lui permet de faire des sauvegardes de toutes ses versions. (Presque) tout le monde utilise Git : c’est un peu la base de données du code. GitHub est quant à lui l’interface web qui permet de voir la base de données, de faire remonter les bugs et d’assigner les tâches à chacun.

Côté ordinateurs, pas besoin de posséder la dernière Rolls Royce. Ceux des développeurs sont souvent équipés sous Linux (« la meilleure UX », pour Alexandre Bourlier) ou sous Mac, car ils utilisent Ubuntu (« une galère permanente sous Windows »). L’important, c’est surtout d’avoir une bonne configuration pour éviter que ça rame – le cauchemar des devs ! Cela vaut le coup d’investir un peu pour limiter son stress.

Trouver des clients

De l’artiste à l’artisan, des PME aux grands groupes, les développeurs freelances ont tous types de clients. Pour trouver du travail, c’est un peu à chacun selon son profil. « Ceux qui aiment et maîtrisent un haut niveau de conceptualisation auront intérêt à trouver des projets trapus auprès de grosses boites, détaille Duc Ha Duong, co-fondateur d’Officience, qui réalise des sites Internet offshore au Viêtnam.

Ceux qui travaillent surtout à corroborer les besoins du réel et le fonctionnement des machines trouveront sûrement leur compte dans des collectifs de freelance comme HappyDevs. Ceux qui aiment et savent s’adapter au changement permanent seront comme des poissons dans l’eau dans les startups. »

Les plateformes comme Malt ou la Crème de la Crème sont incontournables pour aider les développeurs freelance juniors à trouver des missions. Mais le bât blesse sur un point : elles ne permettent pas vraiment de travailler en équipes, alors que c’est une demande croissante des clients pour répondre à la complexité de leurs besoins.

Continuer à apprendre

Rien de mieux pour les développeurs indépendants que de s’insérer dans une communauté foisonnante. « Elle est organisée comme une communauté scientifique, en ligne et hors ligne, raconte Damien Cavaillès. Les conférences et meetups sont des moyens de se rencontrer, de gagner en notoriété.

Les forums sont des mines d’informations essentielles pour les devs, comme Stack Overflow, un site de questions/réponses où ils sont quasiment sûrs de trouver la solution pour débugger. YouTube est aussi un repère pour eux. Ils trouvent aussi des sites dédiés à un langage ou une technologie qui leur permettent de monter régulièrement en compétences. Les devs n’arrêtent jamais d’apprendre, ou alors ils deviennent obsolètes. »

Photo de couverture : Jantine Doornbos
Photo #2 : Maik Jonietz

Flora Clodic-Tanguy
Freelance en communicationS

Stratégie, community management, crowdfunding : je mets ma plume et mes pouces au service de porteurs de projet engagés pour des causes sociétales et environnementales. Je développe aussi Au Bonheur des Zèbres, un réseau international, des événements et un livre que j’écris, sur la manière dont les personnalités atypiques transforment le monde.

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