Cosme, des freelances en orbite6 minutes de lecture

Après avoir monté le groupe Facebook Freelances à Bordeaux et le site Vélo Boulot Bordeaux, après une expérience au sein de la communauté OuiShare et quelques années à travailler en freelance, Pauline s’est lancé un nouveau défi : créer un collectif de freelance aussi opérationnel qu’une escouade de marines.

C’était fin 2017. En mars, 2018 Cosme voit officiellement le jour pour devenir ce qu’il est aujourd’hui : l’un des collectifs de freelances les plus soudés de France et de Navarre.

Un grand merci à Pauline qui a accepté de répondre à mes questions concrètes et parfois indiscrètes.

Informations générales

Quel est le chiffre d’affaires de Cosme en 2020 ? Prévisions pour 2021 ?

En 2020, nous avons réalisé un CA de 315.000€
En 2021, nous en sommes à 500.000€

Sur quels métiers et quels secteurs opérez-vous ?

Notre collectif accompagne des organisations (entreprises, collectivités, associations) dans la stratégie et le développement de leur communication digitale. Il est composé de stratèges, de créatifs, de designers, de créateurs de contenus et d’experts dans le domaine du web, tous indépendants.

Êtes-vous concentrés sur un territoire spécifique ?

Nous sommes basés en Nouvelle-Aquitaine comme la plupart de nos clients, mais il nous arrive de travailler avec des clients au niveau national.

Cosme est-il matérialisé par une personne morale ? 

Pour des raisons historiques, Cosme est une EIRL. Le collectif s’étant rapidement développé, ce statut va changer prochainement. Cosme va devenir une coopérative : une SCIC pour être précise.

Membres et culture

Comment rejoint-on Cosme ? (cooptation, candidature…)

De plusieurs manières :

  • Soit la personne nous contacte via notre formulaire
  • Soit elle est recrutée par quelqu’un du collectif

Dans un cas comme dans l’autre, cet aspirant passera une journée entière de coworking avec des membres de la core team afin de faire plus ample connaissance.

Ensuite, nous prenons notre décision collectivement. Pour rejoindre le groupe, il faut que chaque membre soit d’accord. Il faut l’unanimité. Comme je dis souvent, s’il y a un doute, y’a pas de doute !

Combien de personnes compte Cosme ?

Cosme est constitué d’un noyau dur de 12 freelances, auxquels s’ajoutent une centaine de freelances qui gravitent autour de ce noyau.

Y a-t-il différents niveaux d’intégration (cercles concentriques avec des membres centraux et des membres périphériques) ?

Il y a 3 cercles :

  • Cercle 1 : 12 membres du noyau dur avec un référent par métier
  • Cercle 2 : 100 freelances partenaires
  • Cercle 3 : Des proches et sympathisants du collectif qui peuvent par exemple jouer le rôle d’apporteurs d’affaires ou de recommandation.

C’est qui le/la boss de Cosme ?

Boss… je ne sais pas, mais un pilote du vaisseau, oui. C’est moi, ce qui est assez naturel puisque c’est moi qui suis à l’origine de ce collectif.

Avez-vous déjà eu à virer des membres ? Comment ça se passe ?

Non. Quelques personnes sont parties du cercle 1 pour pouvoir mener à bien d’autres projets, notamment entrepreneuriaux. Nous répétons souvent que si quelqu’un n’est plus totalement motivé il faut qu’il le dise aux autres membres. Chacun est libre d’aller vers de nouvelles aventures, c’est tout à fait normal et c’est même sain, il s’agit simplement d’être transparent avec les autres membres du collectif.

À quelle fréquence vous retrouvez-vous physiquement entre membres ?

En temps normal, nous nous retrouvons chaque semaine. Le covid a un peu limité ça, mais nous sommes quand même resté en contact rapproché. Ces rendez-vous hebdomadaires ne sont pas obligatoires, mais, comme personne ne veut les rater, on s’y retrouve généralement tous ensemble (les 12 membres du noyau).

Si votre collectif avait un cri de guerre, quel serait-il ?

“S’il y a un doute, y’a pas de doute !”

Outils

Quels sont vos outils collaboratifs préférés ?

Slack, Basecamp et Google Drive.

Utilisez-vous un software spécifique pour piloter les activités du collectif ? (natif, en Saas…)

Nous avons pensé à développer notre outil, mais nous ne l’avons finalement pas fait, Basecamp répondant très bien à notre besoin.

Business et clients

Lorsqu’un deal est signé, qui met sa tête sur le billot ? (Qui signe ? Qui met sa responsabilité en jeu ?)

Historiquement, c’est moi et, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas eu de problème à ce niveau-là. S’il y a une difficulté, je ne suis pas seule. Tout le monde a intérêt à jouer le jeu, en tant que membres du collectif, nous avons tous à y gagner. Et puis côté client, ça se passe bien, donc pas de stress majeur pour moi.

Est-ce la structure centrale qui encaisse et répartit ensuite l’argent entre les différents membres ? Ou : un membre qui encaisse et répartit l’argent avec les autres membres qu’il a fait travailler avec lui sur la mission ? Ou : chaque membre qui facture le client directement ? Ou encore autre chose ? 

C’est la structure centrale qui encaisse (aujourd’hui une EURL et prochainement un SCIC) et répartit ensuite l’argent vers les différentes parties prenantes.

  • 10% de la somme facturée reste dans la structure centrale pour couvrir les frais de fonctionnement.
  • 10% sont versés à celui ou celle qui a apporté l’affaire.
  • Le reste revient aux freelances ayant travaillé sur la mission.

Avez-vous des commerciaux dédiés ?

Non, pas à proprement parler. Les 12 membres du noyau se chargent eux-mêmes de faire rentrer des missions. Certains membres du 2e ou du 3e cercle amènent aussi des leads. Le business arrive par pas mal de canaux différents.

Comment réagissent les prospects / clients à l’idée de travailler avec Cosme ? Qu’est-ce qui les inquiète, qu’est ce qui les attire ? Avez-vous vu les comportements évoluer à cet égard ?

Nous n’avons pas à “éduquer” nos clients. Ils se tournent vers nous d’eux-mêmes et en connaissance de cause. Ils nous font confiance.

Quelle est, à vue de nez, la proportion de chacune de ces catégories parmi vos clients ?

Je dirais quelque chose comme cela :

  • Startups : 25%
  • PME : 30%
  • Grands Groupe : 15%
  • Agences : 5%
  • Collectivité : 25%

Travaillez-vous avec d’autres collectifs ?

Pas spécialement, mais nous échangeons de temps en temps avec d’autres collectifs comme Lookoom et Digital Village

Utilisez-vous les plateformes de freelances ?

Jamais. Nos réseaux suffisent, je m’appuie notamment sur le groupe Facebook “Freelances à Bordeaux” que j’ai monté et qui est un bon vivier.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier ?

Smicval. Cosme a gagné 4 appels d’offres consécutifs pour gérer leur communication. Il s’agit d’une structure de 200 personnes dont le sujet principal est le déchet. Une mission comme celle-ci nous permet de joindre l’impact sociétal et environnemental à l’intérêt purement professionnel. Mettre notre expertise de la communication digitale au service de projets responsable, c’est ce qui nous motive.

Perspectives

Cosme dans 3 ans, ça ressemble à quoi ?

Une coopérative (SCIC) rassemblant les membres du collectif, mais aussi des clients et des partenaires qui se reconnaissent dans notre projet et veulent y prendre part. Mais aussi un organisme de formation pour transmettre ce que nous savons et aider nos clients au-delà de la prestation pure.

Et le monde du travail dans 10 ans ?

De plus en plus de freelances et de collectifs de freelances, car indépendance ne doit pas rimer avec solitude ; et un vrai syndicat pour les défendre et les protéger.

Antoine van den Broek
Rédacteur en chef d’Amédée

Indépendant, frère-fondateur de Mutinerie, penseur, acteur et témoin des nouvelles formes de travail, passionné par le développement de communautés, j’aime faire des rencontres et raconter des histoires, deux activités auxquelles je peux me livrer par la grâce d’Amédée

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